Famille - Parents et enfants

Jacques (Jean XXII) Duèze



Évêques de Fréjus - Papes - +

Arnaud Duéze
1220 - 1271
Hélène BÉRAIL de LABÉRAUDI
1225 -
imgJacques (Jean XXII) Duèze
1244 - 1334
 
+

Il naquit à Cahors; les uns lui donnent pour père un savetier, d'autres attestent la noblesse de son origine (2). « Dans un corps petit, grêle, d'une laideur repoussante, dit l'abbé Christophe, il renfermait un génie supérieur, de vastes pensées, des connaissances profondes et variées. Ses talents seuls avaient fait sa fortune. Sa patrie lui offrant peu de ressources, il dirigea ses pas vers Naples. C'était quelques années après l'inauguration de la dynastie angevine au trône des DeuxSiciles ; il entra au service du précepteur du fils du roi et eut la facilité de suivre ses leçons : il eut bientôt fait des progrès et reçut le grade de docteur ex utroque jure. Mis dans les rangs du clergé, il obtint plusieurs bénéfices ecclésiastiques, devint lui-même le précepteur des enfants de Charles II, dit le Boiteux, et eut la gloire de former le plus grand roi de son siècle, Robert, et saint Louis de Brignoles, évêque de Toulouse, qu'il canonisa plus tard. Il ne larda pas à entrer dans les conseils les plus secrets du gouvernement. Envoyé à plusieurs reprises près du Saint-Siège et de la cour de France, il s'y fit admirer par son éloquence insinuante et son habileté

En 1301, le 30 décembre^ il obtint un diplôme de Charles II pour la gabelle du sel de Fréjus, dont il partageait les profits.

En 1302, il assistait, à Aix, à la réunion: d'évêques qui "vota un subside au Roi. 11 s'y trouvait aussi avec l'évêque de Marseille, le 23 janvier 1303, pour interroger officiellement la princèsse-Béatrix et lui demander si elle voulaitêtre religieuse à Nazareth ou non. Cinq jours après, Jacques Duèze faisait son hommage entre les mains du sénéchal

A cette époque de gravés désordres régnaient à Fréjus. «Envertu d^anciens privilèges, l'exercice de la-justice dans la ville appartenait simultanément à l'évêque et aux chanoines , ce qui occasionnait d'incessants conflits. Souvent les deux juridictions réclamaient le même criminel, ou bien le coupable condamné par le bailli de l'évêque était absous par celui du chapitre. Bien que depuis l'arrivée de Jacques Duèze les chanoines n'eussent plus nommé déjuges, ils ne manquaient jamais de se plaindre et même d'entraver l'action de la justice lorsqu'un accusé était traduit devant le tribunal de l'évêque. Cette anarchie dans l'administration de la justice encourageait tous les crimes; il n'y eut pas de méfaits dont Fréjus ne devint le théâtre. Assurés' de leur impunité, les malfaiteurs accouraient de toute part, tandis que les honnêtes gens, dont la sécurité et l'existence même étaient menacées, abandonnaient la ville épiscopale.

Les chanoines s'émurent de cette situation déplorable et, pour y remédier, ils offrirent à Jacques Duèze, en échangé de certaines concessions, l'abandon de leurs droits de justice. L'affaire fut remise par l'évêque de Fréjus au jugement déplusieurs arbitres qui se réunirent à Aix et rendirent, le 25 avril 1301, en présence de. l'archevêque, la sentence suivante : « L'évêque aura désormais l'exercice de la justice sur toute l'étendue du territoire de Fréjus, excepté sur le territoire du Reyran, où les chanoines garderont leur juridiction. Lé chapitre recevra, à titre de compensation, une pension annuelle de blé, dont l'évêque fixera plus tard la quantité sur les églises de Ramatuelle, Gassinj la -Môle* Entrecasteaux, la Moure, Miramas, le Revest, Villepey, Taradeau, Salernes, Intervallis et Sainte-Marie du Luc. L'évêque et le chapitre conserveront chacun l'usage de leur four et quand les anniversaires et lés autres revenus du chapitre ne seront pas payés, les chanoines s'adresseront aux officiers de l'évêque pour forcer les débiteurs à s'exécuter au plus tôt

Le-13 juin, dans un acte passé en présence d'un grand nombre de témoins à la chapelle de l'évêché, il cède aux habitants de Fréjus, pour une pension annuelle de sept cents livres, la faculté de vendre leur vin avant celui de l'évêque, privilège qu'il leur confirma plus tard, devenu Pape, par une bulle donnée à Avignon la première année de son pontificat. Il s'occupait à cette époque de faire fondre de nouvelles. cloches pour la cathédrale (2). Girardin nous apprend que ces cloches existaient encore de son temps

Le 4 décembre de la même année, Jacques Duèze racheta le fief de Bagnols pour la somme de cent livres et le 2 janvier suivant il unit à l'archidiaconat les églises de Ramatuelle, de Sainte-Maxime et Saint-André du Cànnet pour remplacer celles de Bargemon et de Favas qui jusqu'alors avaient formé la prébende de l'archidiacre


Dépuis la fondation de la chartreusedela CellerRonbaud, toutes: les vertus monastiques,avaient embaumé de leurs, parfums Jcé cloître béni. La première prieure, Jeanne de Villeneuve, cassée par l'âge, demandait à résigner ses fonctions. A côté d'elle avait grandi dans les pratiques les plus austères de la vie religieuse sa, propre nièce, Rossoline, dont le prédécesseur dé Jacques Duèze avait béni l'entrée, en religion.. Le chapitre général idël'Ordre jeta, les yeux sur elle pour lui confierla direction delà. Gëlle-Roubaud. « Ami des Villeneuve, connaissant les vertus de la nouvelle éluej._dit l'historien de: la sainte,^Jacques Duèze] voulut présider lui-même à l'installation de la noble prieure. "Il vint à la Gelle-Roubaud, amenant avec lui le .frère même de Rossoline, Elzéard de Villeneuve, qui>: dé chanoine de: Fréjus j, devint plus tard évêque de Digne. Ce fut en grande pompe et au milieu de la joie non dissimulée de la famille religieuse et de l'illustre parenté accourue nombreuse à; la cérémonie que le. porrtifé procéda à la.bénédiction; solennelleetà l'installation de. la prieure ;» (1). A p'artir rde ce; jour, des rapports d'amitié s'établirent entre, cette maison et Jacques, Duèze;. Le Ie? décembre; 1323, l'ancien.évêque de Fréjus^devenu pape, donnait au monastère le prieuré de Saint-Martin des Arcs (2), • Cinq ans après, le 5 juin 1328, il accordait une indulgence plénière ,en: faveur: des. fidèles qui visiteraient l'église de la .Ce.llewRoubaud, le 28 mai, jour anniversaire de sa consécration

A la fin de l'année 1304, il recevait une lettre de Pierre de Ferrieris qui le sollicitait de procurer, avec le sénéchal, une somme de 2^000 florins au roi pour l'acquisition du pays de Coni. En 1307, il faisait publier, le 6 juin; des lettres de Charles II demandant une subvention pour l'acquisition du Môntferrat (1). La même année, ce prince lui confiait la mission de se porter le long du Rhône, avec l'évêque de Ne ver s, nommé à cet effet par Philippe le Bel, afin de décider auquel du roi de Sicile ou du roi de France appartenaient certaines îles qui s'étaient formées sur les limites de leurs Etats (2). Ce fut sans doute en récompense de ses services que Charles II le nomma son chancelier en 1308 et l'emmena à Naples. L'année' suivante il lui donnait encore la portion des fiefs de Villepey et du Revest qui appartenait à Guillaume d'Hyères

A la mort du roi, Jacques Duèze quitta Naples, Il était à Marseille, le 18 juillet 1309, à côté de Robert, fils et successeur du prince défunt. Son séjour dans la capitale des Deux-Siciles ne fut donc que de cinq mois à'peine. Mais depuis lors l'évêque de Fréjus ne semble plus avoir quitté son royal élève. « Il était présent à Aix, au palais, le 26 novembre 1309, soit à l'hommage des barons de Provence, à Avignon, le 20 février 1310, à l'hommage de Giraud Adhémar dëMonteil et à celui de Bertrand de Baux, à Aix, le 17 mars

Le Pape Clément V voulant l'attirer auprès de lui, le nomma' à l'évêché d'Avignon le 18 mars 1310. Jacques Duèze n'y siégea que deux ans. Promu cardinal en 1312, il fut élu pape à Lyon le 7 août et couronné le 5 septembre 1316 sous le nom de Jean XXII. Il mourut à Avignon le 4 décembre 1334, laissant après lui, même auprès de ses ennemis, et il en eut de nombreux, la réputation d'un pontife modeste, magnanine et pieux. Son tombeau, chef-d'oeuvre d'architecture gothique, est dans une des sacristies de la métropole d'Avignon.

voyage de J.duéze à Naples

Cérémonie d'installation sainte rosseline

élection épiscopale 1300 fréjus