Famille - Parents et enfants
Jean II d'Alençon
| + | Marie de Bretagne 1391 - 1446 |
![]() | Jean II d'Alençon 1409 - 1476 |
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René d'Alençon 1454 - 1492 + |
Jean II d'Alençon, né à Argentan le 2 mars 1409, mort à Paris le 8 septembre 1476, duc d'Alençon, comte du Perche, fils de Jean Ier et de Marie de Bretagne, fille du duc Jean IV, était un prince de sang et un chef de guerre français du xve siècle et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.
Jean n'a que six ans lorsque son père est tué à la bataille d'Azincourt. À 14 ans, en 1423, il est choisi comme parrain du dauphin, le futur Louis XI[1]. L'année suivante, il est fait prisonnier lors de la bataille de Verneuil et ne retrouve la liberté qu'en 1427[2], contre une rançon de vingt mille saluts d'or. La conquête anglaise de la Normandie lui ayant fait perdre ses terres, il se retrouve financièrement aux abois, ce qui explique ses multiples retournements par la suite.
Le « gentil duc » de Jeanne d'Arc
En 1429, il rejoint l'armée de Jeanne d'Arc qu'il rencontre à Chinon. Il devient un des amis proches de la Pucelle qui le surnomme le « gentil duc ». Il l'accompagne dans ses campagnes, et notamment au siège d'Orléans. Par la suite, il est nommé lieutenant-général du roi. Le médiéviste Xavier Hélary précise que Jean d'Alençon est placé à la tête de l'armée royale tant en raison de son rang que de la situation précaire de son duché normand. De fait, le duc est un prince du sang en tant que descendant du frère cadet d'un roi de France ; en outre, fait prisonnier par les Anglais à Verneuil en 1424, dépossédé de ses domaines et ruiné par le paiement d'une énorme rançon, Jean d'Alençon souhaite vivement en découdre avec ses anciens geôliers[3].
Il combat sur la Loire aux côtés de Jeanne. Le 12 juin 1429, il remporte la victoire de Jargeau et prend la ville, où s'était réfugié le comte de Suffolk. Il contribue aussi au succès de Patay. Il participe en juillet à la marche sur Reims, puis le 17 juillet, arme Charles VII chevalier avant d'assister à son sacre.
Après ses succès, Alençon tente de convaincre le gouvernement de Charles VII de marcher sur Paris, avec l'arrière-pensée que, la capitale prise, on pourrait ensuite libérer ses terres normandes. Il prépare avec Jeanne l'assaut de la capitale mais, le roi hésitant, il le fait ramener à Saint-Denis et ordonne une attaque le 8 septembre, par la porte Saint-Honoré. C'est un échec cuisant : Jeanne est blessée tandis que l'armée royale doit se replier sur la Loire.
Opposé à la trêve de Compiègne signée avec les Bourguignons, Alençon tente à l'hiver 1429-1430 de monter une expédition en Normandie, sans succès, et comme Jeanne doit ronger son frein devant les atermoiements du gouvernement du favori La Trémoille. Ulcéré, il comprend qu'il n'a rien à attendre de La Trémoille et quitte la cour, cédant son poste de lieutenant-général au comte de Vendôme. Les mois suivants, il est occupé par une guerre privée contre le duché de Bretagne.