Famille - Parents et enfants

Manassès Calvus De Montdidier De Montdidier



Seigneurs de Dammartin-en-Goële - +

Hilduin De Ponthieu
0933 - 1009
+
imgManassès Calvus De Montdidier De Montdidier
0975 - 1037
 
Hugues De Dammartin  1035 - 1103
+

Comte de Dammartin-en-Goële, Seigneur de Combs-la-Ville et d'Omont, Vidame de Reims

Le premier comte de Dammartin dont nous avons la trace dans la documentation est Manassès de Dammartin en 1025. Selon le comte de Luçay9, il est le fils d’Hilduin Ier, comte de Montdidier et petit-fils de Guillaume de Ponthieu et de Montreuil. Cette origine, reprise par d’autres études, place Manassès dans une des familles les plus importantes du système féodal du nord de la France au XIe siècle. Elle est à la tête d’un patrimoine foncier très important. En plus du comté de Ponthieu et de Montreuil10, s’ajoutent les comtés de Nanteuil en Valois11, de Breteuil-en-Beauvaisis12 et de Clermont-en-Beauvaisis13. Cette famille a donc une assise importante dans le Beauvaisis, qui lui permet de jouer un rôle de premier plan dans les stratégies féodales du nord de l’Ile de France.

Nous disposons de peu d’informations sur Manassès. Il est le premier à apparaître avec le titre de comte de Dammartin qu’il tient peut-être de son mariage avec Constance. Ce comté se trouve à une trentaine de kilomètres au nord-est de Paris et à une vingtaine de kilomètres au sud de Senlis, sur la route allant de Paris à Soissons, en passant par Crépy-en-Valois et Nanteuil-le-Haudouin. Le château, aujourd’hui détruit, était perché en haut d’une colline dominant cette route. Le comté se trouve donc à la frontière du domaine royal des premiers capétiens et dans leur aire d’influence directe. Cette situation stratégique crée des relations particulières entre la famille de Dammartin et le roi de France, qui oscille entre alliance et guerre ouverte pendant le XIe siècle et le début du XIIe siècle.

Frère d’Hilduin II, vicomte de Chartres, Manassès est un proche d’Eudes II, comte de Blois et de Champagne, ennemi des rois de France, Robert II le Pieux et Henri Ier et aussi son vassal au titre des terres possédées dans le Beauvaisis, puisque Eudes II est aussi comte de Beauvais et à ce titre seigneur sur le Beauvaisis. Le premier document où l’on trouve la trace de Manassès date de 1025. Il est témoin d’un accord passé au nom du comte Eudes II entre Hilduin II et l’évêque de Paris Francon au sujet de l’avouerie de Rozoy-en-Brie. Par sa présence, Manassès légitime l’action de son frère et se place au côté d’Eudes II. La souscription de Manassès exprime ici les alliances seigneuriales plus que des liens familiaux. En 1028, Manassès souscrit un diplôme du roi Robert le Pieux en faveur de l’abbaye de Coulombs24. Le 4 février 1031, Manassès obtient de ce dernier, la confirmation d’une donation faite par lui à l’abbaye Saint-Père de Chartres en présence de son frère Hilduin et de ses neveux Hilduin et Manassès. Cette donation s’explique par l’influence que devait posséder cette famille sur la ville de Chartres, Hilduin II en étant vicomte. Il est présent à l’assemblée tenue à Paris au cours de laquelle Foulques, comte d’Anjou reconnaît le roi de France, Henri Ier. Entre 1034 et 1036, il est à Tours, à la cour d’Eudes II. Au cours de cette période, il est témoin d’une donation à Marmoutier faites par Eudes II.

Malgré les liens forts entre Manassès et Eudes II, le roi ne se détourne pas de lui. Ainsi, Manassès réclamant Combs-la-Ville, domaine de son grand oncle Hilduin, au roi Henri Ier, le roi fait droit à cette réclamation pour s’assurer son soutien contre Eudes II. Pour autant, Manassès reste fidèle à Eudes II, ce qui va causer sa perte. En 1037, le comte Eudes lance une offensive contre le duc de Lorraine qui projette de s’emparer de la couronne impériale. Le 15 novembre, lendemain de la prise de Bar-le-Duc par Eudes II, les deux armées se retrouvent à douze lieux au nord de Bar-le-Duc sur les bords de l’Orne au lieu-dit Honol. Manassès y trouve la mort. La Vita Beati Richardi abbatis S. Vitoni raconte ainsi la mort de Manassès :

« …et isdem venerabilis pater [Richard], dum cum monacho suo Waleranno, cognomento Bonifacio, illo venisset, comitem Manassem de Domno Martino, eodem susum praelio, cum quibusdam aliis isthuc deportari fecit, et honorifice sepelevit. Quod audiens uxor ipsius, variis donis eumdem patrem muneravit, et tapetem magnum huic ecclesiae dedit. »

Manassès laisse trois enfants : Eudes, Hugues et Eustachie. L’aîné, Eudes devient alors comte de Dammartin. Ce dernier n’a pas laissé la même trace que son père et que son frère, Hugues. Il meurt assez rapidement, laissant le comté à son frère. Il apparaît à trois reprises dans les actes royaux, deux sous Henri Ier et un sous Philippe Ier. Le roi absorbe une partie des réseaux de fidèles d’Eudes II. Il n’est donc pas étonnant de retrouver Eudes du côté du roi. En effet, Manassès vaincu, le roi peut confisquer des terres et prendre des sanctions à l’encontre des Dammartin. Sans appui du côté des comtes de Champagne, Eudes préfère rester du côté du roi et ainsi protéger sa famille. En 1061, il est mentionné dans la donation de la villa de Combs, en Brie, par Philippe Ier à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Les deux autres mentions sont des donations faites pour le salut de son père : en 1060, à la basilique Saint-Andrieu de Béthisy et à l’église de Saint-Père-des-Chartres accompagné par son frère Hugues et sa sœur Eustachie. A sa mort, Eudes laisse le comté de Dammartin à son frère Hugues, fondateur du prieuré de Saint Leu d’Esserent.