Famille - Parents et enfants

Philippe d'Alsace



Comtes de Vermandois - +

Thierry d'Alsace
- 1168
Sibylle d'Anjou
1119 - 1165
imgPhilippe d'Alsace
1143 - 1191
 
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Philippe Ier de Flandre, dit Philippe d'Alsace[1], (en néerl. : Filips van de Elzas) né en 1143, et mort à Saint-Jean d'Acre (Royaume de Jérusalem) le 1er juin 1191, est un aristocrate et noble flamand. Il est à la fois vassal du roi des Francs Louis VII le Jeune pour la partie de son comté située en Flandre royale et vassal de l'empereur Frédéric Ier de Hohenstaufen pour le pays de Waes (au nord de Gand) et celui des Quatre-Métiers (situés en Flandre impériale) qu'il récupère par héritage.

Fils du comte de Flandre Thierry d'Alsace et de Sibylle d'Anjou (†1165), il est comte de Flandre de 1157 à 1191 et comte de Vermandois par mariage de 1167 à 1185, puis à titre viager de 1186 à 1191.

Son règne débute en tant que comte associé dès 1157, particulièrement durant les croisades de son père. Il met fin aux actes de piraterie sur les côtes flamandes en battant le comte Florent III de Hollande (1163).

Son mariage en 1156 avec Élisabeth de Vermandois porte la puissance flamande à son extension maximale. En effet, le comte de Vermandois, Raoul II, frère d'Élisabeth, mais aussi époux de Marguerite d'Alsace, sœur de Philippe, est atteint de la lèpre. Son mariage n'étant pas consommé est rompu. Vers 1167, Raoul abdique en faveur de sa sœur, Élisabeth[3].

Le comte de Flandre hérite donc des comtés de Vermandois, d'Amiens et de Valois. Il gouverne sagement avec l'aide de Robert d'Aire, évêque de Cambrai et véritable premier ministre. Il met en place un système administratif efficace et assure une politique internationale reconnue (arbitrages entre Louis VII de France et Henri II Plantagenêt, entre Henri II et Thomas Becket, mariage de sa sœur Marguerite d'Alsace avec Baudouin V de Hainaut). En 1166, à la mort de Thierry d'Alost (ou Thierry de Gand), son beau-frère, il récupère le comté d'Alost, situé en Flandre impériale. Par là même, il devient avoué de Cambrai, charge qui lui assure de grands revenus.

De retour de Palestine, le roi Louis VII, malade, le nomme tuteur de son jeune fils, le futur Philippe Auguste. Ce dernier est couronné roi le 1er novembre 1179. Pour se concilier le nouveau souverain, le comte lui donne en mariage sa nièce Isabelle, avec une dot imprudemment disproportionnée : l'Artois. Dès la mort de Louis VII, Philippe Auguste marque son indépendance. Raoul de Coucy et Raoul de Clermont supportant mal l'autorité de Philippe d'Alsace, ils intriguent auprès du jeune roi si bien que le comte de Flandre placé sous le coup d'une disgrâce est obligé de se retirer dans ses domaines.

Philippe d'Alsace animé par la vengeance, réclama aussitôt la suzeraineté des terres de Marle et de Vervins qui autrefois avaient fait partie du domaine de Vermandois et appartenaient alors au sire de Coucy. Ce dernier à son tour exigea la souveraineté du Vermandois. Les hostilités avec la France débutent en 1180 et le roi parvient à se saisir de plusieurs places frontières de cette province, parmi lesquelles Chauny tenait le premier rang. La guerre dévaste la Picardie et le nord de l'Île-de-France. Le conflit se poursuit progressivement à l'avantage du roi, qui refuse systématiquement le combat, mais manœuvre politiquement. En effet son beau-frère, Baudouin V de Hainaut est d'abord son allié, mais va suivre finalement les intérêts de sa fille Isabelle, reine de France au bord de la répudiation. La brouille entre les deux comtes est savamment organisée par le roi de France, qui va jusqu'à nommer (à son insu) le comte de Hainaut comme son représentant face au comte de Flandre.

La mort de son épouse Élisabeth de Vermandois, survenue le 28 mars 1183, envenime encore la situation puisqu'Éléonore, épouse de Mathieu III de Beaumont-sur-Oise et sœur d'Élisabeth, qui a testé en faveur du roi de France, réclame le Vermandois en héritage. Celle-ci promet surtout au roi de France de l'instituer son héritier s'il accepte de lui rendre justice[7]. Le roi somme le comte de Flandre de restituer le Vermandois. En 1182, il déclare la guerre et s'empare d'Amiens alors que le comte reprend Chauny, brûle et dévaste les alentours. Henri II d'Angleterre[8] propose sa médiation. Une trêve d'une année est observée.

Le comte de Flandre en profite pour se remarier en août 1183 avec Mathilde de Portugal, dotée d'un douaire somptueux, dans l'espoir d'une progéniture qui n'arrivera pas. Craignant d'être pris définitivement en étau entre le domaine royal et le Hainaut, après quatre ans d'hostilités incessantes, le comte signe la paix à Amiens le 10 mars 1186. Il reconnaît la cession du Vermandois et d'Amiens au roi, mais conserve à titre viager Saint-Quentin, Péronne et Ham avec le titre de comte de Vermandois.