Famille - Parents et enfants

Barthélémy Grassi



Évêques de Fréjus - +

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imgBarthélémy Grassi
- 1340
 
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Barthélémy Grassi, nous dit M. Albanès, était curé de Châteauneuf, au diocèse d'Avignon, et attaché depuis longtemps à là personne du cardinal Jacques Duèze. Il s'était rendu avec lui à Lyon, quand le comte de Poitiers y attira, en 1316, tous les cardinaux,, et, immédiatement après que son maître eut été élu au Souverain Pontificat, il reçut de lui une nomination de chanoine de Chartres. C'était le 10 août, et le 7 septembre, après lé couronnement du Pape, il reçut son titre. Revenu à sa suite, à Avignon, il fut son chapelain et auditeur des causes dû palais apostolique, en même temps qu'il obtenait, dans l'église de Chartres, l'archidiaconé de Châteaudun. Dans la seconde année du pontificat, le 20 janvier 1318, Bertrand d'Aimini étant venu à mourir, il fut fait évêque de Fréjus à sa place. Il ne semble pas qu'il se soit beaucoup éloigné d'Avignon durant la vie de Jean XXII, car la plupart de ses actes qui nous sont connus, sont datés de cette ville.

Le 27 juin 1319, il approuva lé concordat passé entre ses procureurs et ceux de l'abbé de Lérins au sujet de la possession du prieuré de Saint-Etienne de Bargemon, de N.-D. de Vallauris à Trans et de Saint-Michel de Favas (2). n II se trouvait encore dans la ville pontificale, le 6 juillet 1321, quand le Dauphin Guigues faisait hommage au roi Robert pour le Gapençais. En 1326, il prit part' au premier concile de Saint-Ruf, et il assista également au second en 1337. En 1338, une bulle du 5 décembre le chargea de rétablir l'ordre dans l'abbaye du Thoronet, dont les moines étaient en révolte contre leur abbé

Onze ans s'étaient écoulés depuis l'avènement de Barthélémy Grassi au siège de Fréjus, quand, le 17 janvier 1329, mourut à la Celle-Roubaud la prieure du monastère, Rossoline ; de Villeneuve. Cette mort prit dans le diocèse le caractère d'un deuil public. Partout on racontait avec admiration les vertus et les miracles de l'humble chartreuse, les austérités de sa vie. Une pieuse tradition rapporte que, poussés par une inspiration céleste, les enfants à la mamelle, aux Arcs et aux environs, s'écrièrent tous à la fois : la Sainte est morte. « Trois jours suffirent à peine, dit un pieux historien à satisfaire la dévotion

des fidèles baisant le cercueil, déposant des fleurs, des objets de piété qu'ils emportaient ensuite comme autant de reliques. Dieu manifesta par d'éclatants miracles la gloire de sa servante. Plusieurs aveugles recouvrèrent la vue, de nombreux malades, furent guéris et après trois jours les membres de ce corps virginal conservèrent leur flexibilité

Jean XXII, qui connaissait les vertus de Rossoline, résolut, comme il l'avait déjà fait pour saint Louis de Brignoles, de procéder à sa canonisation. Par ses ordres l'évêque de Fréjus fut chargé d'exhumer les précieux restes de l'illustre défunte. Barthélémy Grassi remit la délégation du siège apostolique au frère de la sainte, Elzéar de Villeneuve, élevé depuis peu de temps du chapitre de Fréjus au siège épiscopal de Digne. En outre il autorisa Elzéar à consacrer la chapelle du monastère qui venait à peine d'être achevée. La consécration eut lieu pendant la semaine de la Pentecôte de l'an 1334 et le corps de la sainte fut exhumé, au milieu d'un grand concours de peuple, [le dimanche de la Trinité. « Après cinq ans de séjour sous terre, ce corps virginal fut trouvé frais et vermeil, les yeux mêmes avaient conservé leur pur et brillant éclat, on eut dit la sainte vivante, on eut cru qu'elle allait parler. Poussé par une inspiration qui lui semblait venir du ciel, Elzéar détacha ses yeux de leur orbite avec un grand respect, il les déposa dans un reliquaire d'argent où le regard ému, aujourd'hui encore après plus de cinq siècles, peut constater leur permanente incorruptibilité »