Famille - Parents et enfants
Alphonse DE POITIERS
| Louis VIII le Lion Roi de France 1187 - 1226 | Blanche de Castille 1188 - 1252 |
![]() | Alphonse DE POITIERS 1220 - 1271 |
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Alphonse de Poitiers était le quatrième des fils survivants du roi Louis VIII. Son père avait prévu pour lui, dans son testament, les comtés de Poitiers et d'Auvergne en guise d'apanage.
Mais dès 1229, le traité de Paris, entre la régente Blanche de Castille et le comte Raymond VII de Toulouse, traité qui met fin à la Croisade Albigeoise, va considérablement influer sur le destin d'Alphonse, qui n'a alors que 8 ans. Ce traité stipulait en effet que la fille et héritière de Raymond VII, Jeanne, épouserait l'un des frères de Louis IX et lui transmettrait toutes ses terres en dot. Ce fut Alphonse qui fut choisi par Blanche de Castille, ce qui montre probablement une véritable volonté de la reine-mère de créer une principauté philo-capétienne dans le midi, dans le but de rattacher "en douceur" ces vastes et lointains territoires à la Couronne de France à moyen-terme. Le traité de Paris prévoyait en effet que si l'époux de Jeanne n'avait point de successeur, ses terres reviendraient au Roi.
Le mariage fut célébré en 1237 et en 1241, dans sa vingtième année, Alphonse fut adoubé chevalier par le Roi son frère en personne, et mis en possession de son apanage. Cela ne se fit du reste pas sans mal, et Louis IX dut venir au secours de son frère pour mater une très vaste révolte associant des nobles poitevins, autour de Hugues X de Lusignan, le comte Raymond VII de Toulouse et le roi d'Angleterre Henri III.
Le calme rétabli, Alphonse commença sa carrière d'administrateur, s'appuyant beaucoup sur la petite noblesse pour réduire les prétentions des grands barons.
En 1249, la mort de son beau-père Raymond VII de Toulouse lui permit d'hériter de très vastes domaines : le Toulousain, l'Agenais, le Venaissin, le Quercy, Avignon rejoignaient le domaine comtal, qui apparaissait alors comme l'un des plus importants d'un Occident médiéval encore extremement morcelé.
Même à la tête d'une vaste principauté, Alphonse resta toujours un prince capétien, très largement impliqué dans les affaires du royaume de France : il accompagna deux fois son frère Louis IX en croisade, et, rentré avant lui durant la première de celles-ci, exerca la régence du royaume, conjointement avec son frère Charles d'Anjou.
Il apparaît aussi régulièrement présent au Conseil du Roi, et est cité en qualité de témoin dans de nombreux actes. Pour Jacques Le Goff, il fut tout au long de sa vie le plus important et le plus puissant vassal du Roi.
Il demeura à la tête de son comté trente ans, jusqu'en 1271 : il mourut au retour de la calamiteuse huitième croisade, en Italie, et sa femme le suivit de près dans la tombe.
Le couple n'ayant jamais eu d'enfants, la vaste principauté d'Alphonse passa alors entre les mains de son neveu, le roi de France Philippe III le Hardi, malgré les récriminations de Charles d'Anjou. Cet héritage constitua pour la France en formation une étape véritablement décisive, le domaine effectuant par cette occasion une très significative poussée vers le Sud.