Famille - Parents et enfants
Raymond-Raimbaud I° des Baux
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![]() | Raymond-Raimbaud I° des Baux 1090 - 1150 |
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Hugues II des Baux 1120 - 1179 Bertrand Ier DES BAUX 1130 - 1181 + |
Seigneur des Baux
Raymond de Baux, seigneur de Marignane, né vers 1075-1085 ou en 1095, mort en 1149 à Barcelone, est un seigneur des Baux qui joua un rôle politique et militaire de premier plan dans la Provence de la première moitié du XIIe siècle. Il est fils de Guillaume Hugues, 3e Seigneur des Baux, et de Vierna (peut-être) de Pasquière.
Lors de la Première croisade, il accompagne en 1104 son frère Guillaume en Terre Sainte et, le 31 janvier 1105, est parmi les témoins au testament de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse.
Rentré en Provence en 1110, le 13 décembre 1112 accepta sans récriminer la donation de la Provence que son héritière Douce fait à son mari Raymond Bérenger III, comte de Barcelone,son futur beau-frère.
En 1114, il équipa sept galères pour coopérer avec le Comte de Provence à l'expédition contre les Sarrasins, qui s'étaient emparés des Baléares, et leur reprend l'île de Majorque.
Pour lui témoigner sa gratitude, Raymond-Bérenger lui concéda, l'année suivante, le fief de Berre. Il intervint par la suite en faveur du comte de Barcelone au début de la guerre que celui-ci eut à soutenir contre Alphonse Jourdain. C'est au cours de cette lutte, qu'il obtint vers 1116 la main d'Étiennette de Provence, belle-soeur du comte de Barcelone.
Pendant les luttes pour la possession de la Provence entre Raymond Bérenger et Alphonse Jourdain Comte de Toulouse (1109-1125), apparemment Raymond restera à l écart même s'il s'alliera au Comte de Toulouse afin de ravager la région de Saint-Gilles, ce qui lui valut d'être excommunié le 22 juin 1121. La paix signée le 16 octobre 1125 entre les deux Comtes (Alphonse Jourdain obtiendra le Comtat Venaissin) ratifiera, dans le faits, la définitive partition de la Provence. Mais sera seulement après la mort de son beau-frère (1131) que Raymond prendra les armes contre le nouveau Comte de Provence, le jeune Bérenger-Raymond.
Il se révolta alors à nouveau avec l'appui du comte de Toulouse, des Sabran, et d'un très grand nombre de barons provençaux. C est le commencement des guerres Baussenques qui ravageront la Provence pendant plus de 50 ans.
Une fois Bérenger-Raymond mort en 1144, Raymond se rendit à Wurtzbourg auprès de l'empereur Conrad III pour obtenir de lui l'investiture sur la Provence. Conrad, en termes ambigus, la lui accorda le 4 août 1145 et lui attribua toutefois le droit de battre monnaie à Arles, Aix et dans leur château de Trinquetaille avec le pouvoir de la faire librement circuler dans tout le royaume de Provence. Muni de ce diplôme, il continua la lutte contre Raymond-Bérenger le Vieux, oncle de Raymond-Bérenger II.
La guerre sévit à Arles dont les tours furent rasées et atteignit son paroxysme vers 1145. À cette date, Raymond-Bérenger vint en Provence, vainquit ou gagna à son parti bon nombre de seigneurs provençaux, qui se soumirent à Tarascon en février 1146 et, lorsque Alphonse Jourdain fut parti pour la croisade en 1148, Raymond de Baux, isolé, dut se soumettre.
Pendant cette période, en 1147 Raymond donnait le domaine de Silvacane au monastère de Sainte-Marie de Morimond pour permettre aux moines la fondation d une église et d un nouveau monastère.
Isolé et abandonné par ses alliés, en 1149 Raymond décida d aller à Barcelone pour se soumettre et obtenir la restitution du château de Trinquetaille et, peu après, il y mourut. Son fils Hugues II lui succéda.
À Lançon-Provence, le château de Raymond 1er des Baux a fêté son 9e centenaire en 2016.
Connu pour avoir présidé la cour d'amour de Pierrefeu, Raymond des Baux, fils de Guillaume Hugues des Baux , suivit avec son père, en Palestine en 1105 , Raymond de Saint-Gilles comte de Toulouse .
Il figure comme témoin au testament de Raymond de Saint Gilles fait au Mont Pèlerin le 31 janvier 1105, avant de revenir en France.
Raymond des Baux est un riche seigneur, avec 79 villes, bourgs, châteaux, places fortes, les "terres baussenques", entre le Rhône et Aix et, vers le sud, jusqu'à Berre. Son mariage avec Etiennette, fille du comte deProvence, alors que sa belle-soeur Douce, a épousé le comte de Barcelone Raymond-Béranger, entraine les guerres dites baussenques *.
Il n'était pas encore marié avec Etiennette, et ne songeait pas encore à se révolter contre Raymond Bérenger, son beau frère, au contraire, puisqu'en 1115, il équipe 7 galères pour l'aider à se défendre contre les sarrazins qui s'étaient emparés des Baléares, et leur reprend Mayorque. En reconnaissance de ce service, Raymond Bérenger et Douce, lui font donation en 1116 de la seigneurie de Berre.
Raymond des Baux épouse Etiennette soeur de Douce au plus tard en 1120, car en mai 1121, on les voit figurer tous les deux ainsi que leur fils Hugues comme témoins dans une charte de donation du prieuré de Saint Gilles à l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem. Ce fut par son conseil qu'Alfonse Jourdain, comte de Toulouse, transigea avec Raimond de Montrond archevêque d'Arles pour la terre d'Argence, le 2 septembre 1143 (l'ile de Gernica entre Beaucaire et Tarascon). Il donna la même année avec la princesse Etiennette sa femme, aux chanoines de saint Trophime d'Arles, les églises saint Nicolas et ND de Marignane, moyennant 200 sols melgoriens; Il eut droit de faire battre monnaie à son coin à Arles, Aix et Trinquetailles, de l'empereur Conrad, par une bulle scellée d'or à Wirtzbourg le 11 août 1146, après avoir rendu hommage à ce prince le jour précédent et avoir obtenu de lui la confirmation des fiefs qu'avait possédés son père et de ceux qui avaient appartenu au comte Gilbert père de sa femme.
Il est regardé comme le fondateur de l'abbaye de Silvecane ordre de Citeaux, près de la Roque au diocèse d'Aix en 1147, et l'ont croit même qu'il y fut enterré sous un mausolée qu'onvoyaitencore au commencement du 16ème siècle, mais qui a été détruit par le temps et les calvinistes.
(*) Les Guerres baussenques (1144-1162) qui durent près de vingt ans au milieu du XIIe siècle gardent dans la mémoire provençale une place importante : elles sont le souvenir «" idéalisé »" de la résistance des provençaux et d'une de ses plus illustres familles, la maison des Baux, à l «" occupant»" catalan. Sur le plan politique, elles contribuent par le succès de la maison de Barcelone, à l'établissement de la deuxième dynastie des comtes de Provence.
L'origine de ces guerres se situe à la fois dans la rivalité qui oppose la maison deToulouse à la maison de Barcelone, dans les problèmes successoraux de la première dynastie des comtes de Provenceet dans les ambitions d une grande famille provençale, la maison des Baux.
En 1112, le mariage de Raymond Bérenger de Barcelone avec l'héritière du comté de Provence avive les tensions. En effet, ce mariage probablement à l'initiative de l'Eglise, de Raimond Béranger de Barcelone avec Douce, fille de Gerberge qui possède le comté de Provence, le Gévaudan, le Carladais et une partie du comté de Rodez,vaut au comte catalan un surcroît d'autorité en Provence. Cette union force Alphonse Jourdain, de la maison de Toulouse, à signer en 1125 un traité délimitant les zones d'influence de chacun . A ce conflit d'intérêts se rajoutent des problèmes successoraux relatifs au comté de Provence entre l' ambitieuse maison des Baux et celle de Barcelone.
En effet, Douce a une soeur cadette, Etiennette , en principe déjà dotée et mariée à Raymond Raimbaud Prince des Baux. Jusqu'en 1127, date de la mort de Douce, les chartes concernant leurs domaines sont signées à la fois par Douce et par son mari. Après cette date elles ne portent plus que la signature de Raimond Béranger qui se substitue entièrement à sa femme. Tant que Raimond Béranger est en vie, Etiennette n'émet pas de revendication. Il n'en est plus de même quand les biens de sa mère à la mort de ce dernier(1131) reviennent à ses propres neveux et qu'à la suite d'un partage la Provence échoit à l'un d'eux.
Or Etiennette est mariée à Raimond des Baux (jusqu à cette date fidèle allié du comte de Provence) qui ne se fait pas faute de soutenir les droits que sa femme tiendrait de sa mère Gerberge.
Du coup le Midi se divise en deux clans :
-d'une part, celui du neveu d'Etiennette, cadet de la maison de Barcelone, soutenu par son frère aîné, ainsi que par les vicomtes de Carcassonne,de Béziers et de Nîmes ;
- d'autre part, celui d'Etiennette et de son mari Raymond Raimbaud des Baux, soutenu par les Toulousains, le comte de Foix, la ville d'Arles (du moins jusqu'en 1150) et même les Gênois à qui on peut imputer ledébarquement de Melgueil au cours duquel périt le neveu d'Etiennette en 1144.
Cette situation provoque des bouleversements collatéraux auprès d'acteurs secondaires au conflit. Ainsi, la cité d'Arles est en pleine effervescence : d après l historien arlésien Anibert, elle se dote dès cette époque (1131) d un consulat pour faire face à cette situation de guerre :
"les préparatifs de guerre que faisaient sourdement les Seigneurs des Baux , contre la Maison de Barcelone à la mort de Raymond-Berenger premier (il s agit de Raimond Berenger III comte de Barcelone,1082-1131, parfois appelé Raimond Berenger Ier comte de Provence) et peut-être quelque temps auparavant, durent décider les Arlésiens à ce grand changement, et engager l Archevêque à s y prêter. Les circonstances exigeaient qu on donnât à la Ville des Chefs capables de porter les armes au besoin …?" .
Dans un premier temps, Raimond des Baux s'adresse à l'empereur Conrad III qui possède sur la région une autorité théorique de suzerain afin qu'il reconnaisse les droits d 'Etiennette etde lui-même issus de l'héritage de Gerberge. Le 4 août 1145, l'empereur valide leurs titres sans en préciser trop le contenu, et leur donne le droit de battre monnaie, à Arles et à Trinquetaille, avantage attaché à la souveraineté.Toutefois cette décision est contestée par les armes : dès le début de 1147 la maison de Barcelone en guerre avec Raimond des Baux soutenu par les arlésiens, emporte un succès décisif dû en grande partie à l'absence du comte de Toulouse occupé à la croisade.
Son impuissance convainc Raimond de composer et l'incite à négocier avec Barcelone : il fait sa soumission et meurt en Espagne , en 1150, avant la signature du traité de paix.
Après sa mort, Etiennette envoie à Barcelone leurs deux fils aînés Hugues et Guillaume, pour y rendre hommage au comte Raymond Bérenger et à son neveu et pupille Raymond Bérenger le jeune, alors âgé de 13 ans, et le prier de se rendre en Provence pour conclure la paix. Il s'y rend et après de brillantes fêtes, un traité soi-disant définitif mettant fin à ce premier épisode est signé à Arles en septembre 1150. Porcel de Porcelet souscrit cet acte par lequel les Baux se soumettent à Raimon Bérenger de Barcelone et à son neveu. Le document s'ouvre par unelongue notice sur la guerre qu'ils ont menée contre les comtes.
En 1155, moins de cinq ans plus tard, Etiennette et ses fils relancent le conflit . Allié au comte de Toulouse, Hugues des Baux obtint un premier succès d'ordre diplomatique : il reçoit de la part de l'empereurgermanique Frédéric Barberousse la confirmation des titres de sa maison. Mais les hostilités une fois encore tournent à sa confusion. La maison des Baux doit s'avouer battue (1156) et s'engage à ouvrir le château de Castillon et diverses places fortes à première réquisition.Le château des Baux,siège de la cette famille,et quelques-unes de ses défenses avancées, dont le château de Trinquetaille sont exclus de cette humiliante condition.
En 1162 lors du troisième et dernier conflit, les Catalans s assurent définitivement de leurs adversaires. Le château des Baux est rasé et le territoire avoisinant ravagé. La maison de Barcelone fait reconnaître sa victoire militaire par les chancelleries, bien qu Hugues des Baux, essaye de contrarier cette démarche en faisant état auprès de Frédéric Barberousse des deux diplômes pourvus de la bulle d'or impériale, émanant l'un de Conrad, l'autre de Frédéric Barberousse lui-même.Mais Frédéric Barberousse se gardebien de donner raison au vaincu.
Lorsque Alphonse, roi d'Aragon et comte de Barcelone recouvre la Provence à la fin de la guerre (1166) , les fils de Raymond des Baux, perdants, remettent l'épée au fourreau et reconnaissent la souveraineté du comte de Provence. Ils bénéficient quand même d un titre, celui de vicomte de Marseille.