Famille - Parents et enfants

Raymond V de TOULOUSE



Comtes de Toulouse - +

Alphonse Ier Jourdain de TOULOUSE
1103 - 1148
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imgRaymond V de TOULOUSE
1134 - 1194
 
Raymond VI de TOULOUSE  1157 - 1222
+

Né en 1134 Décédé en 1194 - Nîmes, 30000, Gard, Languedoc-Roussillon, FRANCE, à l'âge de 60 ans Comte de Tripoli comte de Toulouse

Raymond V (VII) de Toulouse fut Duc de Narbonne, Comte de Toulouse (1148-1194), Marquis de Provence. Il résista victorieusement à la double menace d'Henri II d'Angleterre etd'Alphonse II d'Aragon sur son comté. Il obtint la soumission desTrencavel et acquit la ville de Nîmes. Afin de faire pièce à la turbulence de ses vassaux, il s'appuya sur la bourgeoisie : il accorda le consulat aux Toulousains . Lorsque Alphonse Jourdain meurt au cours de la seconde croisade en Terre sainte en1148, le comté de Toulouse échoit à son fils Raymond, alors âgé de 14 ans. Une autre conséquence de cette croisade est le divorce du roi Louis VII de France et d Aliénor, duchesse d Aquitaine et comtesse de Poitiers. Cette dernière se remarie immédiatement (le 18 mai 1152) avec Henri Plantagenêt, duc deNormandie, comte d Anjou, du Maine et de Tours et, deux ans plus tard, roi d Angleterre. Aliénor d Aquitaine possède des droits sur le comté de Toulouse, qu elle avait tenté de fairevaloir en 1141 (Raymond avant alors sept ans). Louis VII avait alors assiégé Toulouse, mais Alphonse Jourdain avait réussi à négocier le départ des troupes royales. HenriII Plantagenêtreprend à son compte ses prétentions et s allie avec Raymond-Bérenger IV, prince consort d Aragon et comte de Barcelone. Pour contrebalancer cette menace, Raymond V épouse Constance de France, la soeur du roi Louis VII de France. La coalition entre l Angleterre et l Aragon rallie plusieurs barons Languedocien, les Trencavel, Ermengarde de Narbonne, …? Henri II se présente aux portes de Toulouse en 1159, et trouve la ville fortement défendue. Le roi de France a également envoyé une armée qui a précédé l anglais et rendu Toulouse inexpugnable. Après quelques assauts, le roi d Angleterre est obligé de renoncer.La guerre reprend en 1162 et dure deux ans sans résultatsnotables, puis la paix est conclue. Raymond V renforce sa position en Provence en mariant son fils Albéric Taillefer avec Béatrice d Albon, l héritière du Dauphiné. En 1166, le comte Raimond-Bérenger II de Provence est tué au siège de Nice, et Raymond V se rend en Provence et tente d épouser la veuve, Richilde de Pologne, tout en fiançant Douce II,la fille du comte avec son propre fils Raymond. Le roi Alphonse II d Aragon ne l entend pas ainsi et engage la guerre en Provence contre Raymond, allié au Génois. Cette guerre dure huit ans, mais la comte doit y renoncer, menacé par l Angleterre et refusant l alliance génoise devenue économiquement trop encombrante. En effet, le roi Henri II forme en 1173 une nouvelle alliance, composée d Alphonse II d Aragon et RichardCoeurde Lion, à qui son père a confié le duché d Aquitaine. Raymond, qui a répudié Constance, ne peut plus compter sur Louis VII. Pour se sortir de cette situation délicate, il se reconnaît l homme lige du roi d Angleterre, interdisant ce dernierà l attaquer, selon les règles féodales. En jouant secrètement les fils contre leur père, Raymond parvient à semer la zizanie dans la famille royale d Angleterre, et tient le Languedoc à l écart de leur ambition. La mort d Henri le Jeune, fils aîné du roi d Angleterre, aurait pu le mettre dans une situation délicate vis-à-vis de l Angleterre, mais cedernier doit faire face aux ambitions du roi de France, Philippe Auguste et à une révolte de son fils Richard Coeur de Lion. Puis Henri II meurt, et les deux rois, Philippe et Richard, partent en croisade. Raymond V ne sera plus inquiété par le roi d Angleterre, car ce dernier est capturé lors de son retour de croisade, et son fils épousa en 1196 la soeur de Richard. Mais durant ces mêmes années il a lutté sans relâche contre le roi d Aragon qui cherche à étendre son influence dans le Languedoc. Les progrès de l' hérésie albigeoise assombrirent les dernières années de son règne : Raymond se trouve impliqué dans la crise cathare. Au cours duXIIe siècle, une nouvelle religion, ou plutôt une variante du christianisme, teinté d arianisme, se développe dans les états de Toulouse et le Languedoc. Il s agit du catharisme. Le 19 mai1163, le pape condamne la nouvelle doctrine au concile de Tours. En 1165, à Lombers, dans le diocèse d Albi a lieu la première confrontation théologique entre chrétiens et cathares, devant les principaux évêques de la région, Raymond V, Constance sa femme et Roger II Trencavel. Une église et six évêchés cathares se constituent. En 1177,profitant d période de paix, Raymond V écrit à l abbé de Cîteaux et lui demande de l aide pour combattre l hérésie. Ce dernier envoie une mission pour se rendre compte de la situation, obtient la pénitence de quelques cathares, mais les plus importants se sont cachés. La ville de Lavaur connue pour abriter de nombreux cathares est prise en 1181 et les cathares qui s y trouvent doivent abjurer. Raymond V meurt à Nîmes en décembre 1194, et est inhumé à Notre Dame de Nîmes. Après son oncle Bertrand et son père Alphonse Jourdain, qui lui avait laissé une principauté affaiblie, il laisse à son fils un comté reconstitué, mais économiquement affaibli par les guerres continuelles de son règne, et par les progrès du catharisme, qui mèneront le comté de Toulouse à l annexion au cours du siècle suivant. On compte Raymond de Toulouse parmi les princes du XIIème siècle qui favorisèrent le plus la culture des lettres et de la poésie en particulier. Raymond V est un des princes de son temps qui favorisèrent le plus le mouvement général donné par Louis VI en faveur des communes . En 1147, Alphonse Jourdain avait rédigé les privilèges et fixé à 24 le nombre des consuls. Il y a six quartiers à Toulouse, il désigne alors six notables pour abriter et juger les affaires commerciales. En 1152, Raymond V rédige une charte considérée comme le premier règlement municipal. Le chapitre comprend alors quatre juges, deux avocats et six capitulaires. Les capitulaires prennent peu à peu le pouvoiren éliminant les avocats et juges et, en 1188, les capitouls profitent d'une guerre entre Raymond V de Toulouse et les rois d'Angleterre et d'Aragon pour arracher l'autonomie. Le comte confirme le pouvoir des consuls à la foule devant le parvis de l'église Saint-Pierre des Cuisines. Les consuls ont désormais le pouvoir de police et de justice, le pouvoir réglementaire, le pouvoir de fixer et relever les impôts, le pouvoir de gérer une milice et de faire la guerre. Le comte Raymond V capitule et les consuls lui jurent fidélité. C'est la mise en place des capitouls . mariages : 1- En 1154, il épouse Constance de France , fille du roi de France Louis VI et veuve d'Eustache de Blois, comte de Boulogne. Ils eurent pour enfants : - Raymond VI , qui succède à son père ; -Taillefer, marié à Béatrice d'Albon, dauphine de Viennois ; -Baudouin de Toulouse ; -Adélaïde, mariée à Roger II Trencavel. ** Richilde, mère de Douce : Douce, fille unique et héritière de Raymond Bérenger II,qui avait été promise à son fils Raymond VI : après la mort de Raymond Bérenger, Raymond V se saisit de la Provence, et, pour affermir davantage son usurpation, épouse la mère devenue veuve. Alphonse II roi d'Aragon,cousin de Douce,vint en 1167 chasser le comte de Toulouse, après avoir reprisArles occupée par le seigneur des Baux qui s'était allié au comte de Toulouse. *18 avril 1176 - Ile de Jarnègues entre Tarascon et Beaucaire : Porcel de Porcelet est témoin du traité de paix conclu entre Raimon de Toulouse et le roi Alphonse Ier. On trouve en 1155 un acte par lequel, du conseil de ses barons, il reconnait pour lui et pour Alphonse son frère, que le marché, et tout ce qui en provenait, de la ville de Carpentras, appartenait de tout temps à l'évêque : Raymond promet pour son frère et pour lui, de ne pas souffrir qu'on établisse d'autre marché dans les villes ou bourgs voisins, jusqu'à une distance que l'acte détermine. Il fera jouir les habitants de Carpentras de tous les avantages dont ils avaient joui sous ses prédécesseurs. Il fera rendre à l'évêque un péage que les habitants de Montélimar ont usurpé sur lui. Il s'oblige à ne permettre qu'on élève aucune tour,aucune fortification à Carpentras, sans le consentement de l'évêque ou de ses successeurs. Par un acte de 1157, Raymond V promet à Trencavel,vicomte de Lautrec, de lui garantir envers et contre tous ses fiefs et alleux,excepté contre ses propres vassaux et le vicomte de Nimes, frère de Trencavel. Une charte de 1158 confirme l'abbaye de Psalmodi dans toutes ses possessions, et un plaid tenu à Toulouse, en avril 1158, en présence des capitouls, autorise la perception d'un droit anciennement levé par les tanneurs sur les cuirs apportés dans la ville, droit que ces artisans vendirent au roi en 1280. Une charte de 1160, rend quelques domaines à l'évêque de Carpentras, ne retenant pour le comte que les chevauchées et l'albergue (ou le droit de gite, de logement), et accorde exemption de péage dans tous ses domaines aux religieux de l'abbaye d'Aiguebelle (ordre de Citeaux) dans le Toulousain ..Une autre, en 1156, en faveur de l'abbaye de Franquevaux... Un traité de paix fait au mois dejuin 1163,après de longuesdiscussions,entre le comte de Toulouse et le vicomte Raimond Trencavel , et un serment mutuel, en 1164, par lequel Raymond V et Guillaume VII seigneur de Montpellier se promettaient de ne se faireaucun mal, de n'attenter jamais l'un sur l'autre... Dans une lettre de 1163, adressée à Louis le jeune, que Raymond V appelle "Magnifique roi des Français son seigneur très cher", il s'intitule duc de Narbonne, comte de Toulouse, marquis de Provence; Après avoir donné le salut à Louis VII, Raymond annonce que, conformément à la lettre du Monarque, il s'est rendu à Castel Sarrazin, et y a conféré avec les ministres du roi d'Angleterre Henri II, sur la trêve proposée , mais que les ministres de ce prince ont exigé que le vicomte Raymond Trencavel et le roi d'Aragon y fussent nommément compris. Trencavel, dit le comte de Toulouse, est notre vassal ; et Henri n'a pas le droit d'exiger qu'il soit compris dans la trêve, ou qu'on la rompe : nous lui avons toujours fait la guerre sans qu'on nous en empêchat, et ni lui, ni le comte de Barcelone, père du roi d'Aragon, n'ont été compris dans les trêves antérieures.. Dans une autre lettre de 1163 , toujours à Louis le Jeune, il fait part au roi du mariage qu'il vient de conclure entre Alberic taillefer son fils, et Béatrix, fille et hérittière de Guigues comte d'Albon. Il annonce que la très jeune princesse habite déjà sa cour, et qu'il est déjà en possession de la plus grande partie des domaines qu'elle a recueillis de son père. Raymond demande à Louis VII d'approuver ce mariage, de s'en montrer le protecteur par ses discours et par ses actions, d'écrire spécialement à la comtesse Marguerite, mère du dauphin et aux principaux personnages dupays. Il observe que, quoique ce comté soit de la juridiction de l'empereur, cela ne laisse pas d'accroître l'autorité de Louis VII et de lui offrir les moyens de l'étendre encore; Dieu vous conserve longtemps, ajoute Raymond, afin que vous puissiez continuer à me protéger, comme vous avez commencé à le faire envers le roi des Anglais (ces derniers mots se rapportent au siège de Toulouse par Henri II, que Louis le jeune avait fait lever, en accourant avec rapidité au secours de cette ville). "Raymond, petit fils par Alphonse son père, du très illustre Raymond de Toulouse, comte de saint Gilles, était aussi recommandable par ses exploits militaires que par sa prudence, son affabilité et sagrandeur d'âme : égal aux rois, et supérieur aux ducs et aux comtes, il soutint, pendant très longtemps, la guerre contre Henri II le vieux, roi d'Angleterre, et contre Raymond Bérenger comte deBarcelone, quine cessèrent de le harceler; Il fut toujours vainqueur de ces princes, parce qu'il prévint si bien par sa sagesse les desseins qu'on formait contre lui, qu'il les fit tous échouer. Dans le temps même qu'il paraissait devoir succomber, et être hors d'état de résister à ses ennemis qui étaient les plus forts, il leur enlevait la victoire par son génie et sa dextérité" "Raymond ayant un jour épuisé ses finances pour soutenir le poids de la guerre, et n'ayant plus de quoi soudoyer ses troupes, s'empara de l'abbaye de saint Gilles et du trésor de l'église, qui étaitfort riche à cause des grandes offrandes des pélerins qui visitaient ce monastère. Le comte fut aussitôt excommunié pour cette entreprise; Hugues abbé de Bonneval dans le diocèse de Vienne de l'ordre de Citeaux, religieux d'une vie exemplaire, se rendit alors à saint Gilles pour le reprendre de son action, et le porter à la pénitence. Le saint abbé célébra lamesse et après qu'il l'eut finie, il s'avança revêtu des habits sacerdotaux jusques sur le seuil de la porte de l'église, où le comte s'assit à ses pieds environné de tous les grands de sa cour et d'une foule de peuple. Hugues ayant fait silence de la main, prêcha sur la communion des saints avec beaucoup de force et d'éloquence. Pour donner des preuves de la vérité de la communionecclesiastique et de la peine del'excommunication, il fit apporter un pain chaud, qu'il prit, qu'il montra à ses auditeurs, et dont il fit admirer la blancheur. Il excommunia ensuite ce pain avec les cérémonies ordinaires et le rompit : aussitôt celui-ci exala une odeur insupportable et se réduisit en pourriture. Il prend alors le même pain, l'absout, lève l'excommunication, et dans l'instant le pain reprend la blancheur et la saveur qu'il avait auparavant. Lecomte surpris d'un tel miracle se jette aux pieds du vénérable abbé, fondant en larmes, reconnait sa faute, restitue à l'abbaye ce qu'il avait enlevé, se soumet à la pénitence qu'il luiimpose, et est rétabli dans la communion de l'église" "... ainsi, si Raymond ne fut pas exempt de fautes, il fut docile à les réparer, et écoutait volontiers ceux qui le reprenaient. On peut lui reprocher entre autres, la répudiation de la reine Constancesa femme, et peut-être un penchant trop fort pour l'autre sexe. Quant aux progrès que firent les hérétiques en son temps dans la province, les guerres continuelles qui l'occupèrent presque depuisson enfance, et qui l'engagèrent à appeler un grand nombre de routiers d'Espagne dans la province, où ils portèrent la désolation, ne lui permirent pas d'y apporter le remêde convenable,soit pour le bien del'église en général, soit pour ses propres intérêts et ceux de ses successeurs. Il témoigna cependant d'un grand zèle pour la conversion de ces sectaires, et nenégligea rien pour favoriser la mission que le cardinal de saint Chrysogone entreprit à Toulouse en 1178. Il publia une ordonnance très sévère contre eux, par laquelle il condamna au supplice tousceux qui les auraient reçus chez eux. Outre les donations qu'il fit à l'abbaye de Bonnecombe en Rouergue, qui le regarde comme son fondateur, il exerça de grandes libéralités envers celle de laGarde Dieu en Quercy, et accorda diversprivilèges à plusieurs autres. Il confirma sous le rêgne de Louis le Jeune, la donation que son père avait faite à la cathédrale d'Albi de l'église de Vieux en Albigeois." "Jamais la poésie provençale ne fut en si grand honneur que du vivant de Raymond V et jamais aucun prince ne favorisa autant que lui ceux qui la cultivaient. Les poètes les plus célébres vivant en son temps furent Bernard de Ventadour, Pierre Roger, Pierre Vidals, Pierre Raymond et Hugues Brunens."