Famille - Parents et enfants
Louis Jean-Baptiste LE CLERC de LASSIGNY
| + | Marie-Anne de VILLENEUVE-BARGEMONT 1726 - 1804 |
![]() | Louis Jean-Baptiste LE CLERC de LASSIGNY 1758 - 1792 |
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Louis Joseph Toussaint LE CLERC de LASSIGNY 1778 - 1853 + |
Louis-Jean-Baptiste Le Clerc, comte de Lassigny, ayant perdu son père en bas âge, sa mère, Marie-Anne de Villeneuve-Bargemont, s'opposa au désir qu'il avait d'embrasser la carrière des armes, qui était celle de presque tous ses ancêtres, tant paternels que maternels ; elle le maria de bonne heure à Anne de Villeneuve Bargemont, sa cousine germaine.
En 1782, le comte de Lassigny fit présenter, par le comte Charles de Villeneuve-Bargemont (1749-1827, ancien lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis), son beau-frère, à M. le marquis de Juigné, lieutenant-général des armées du roi, chef de la branche aînée de sa famille, des titres fit actes authentiques, d'après l'examen desquels le marquis s'assura et reconnut que la branche des Le Clerc, établie en Provence, était véritablement une branche cadette de sa famille, et il autorisa ensuite, en 1789, à l'époque des États généraux, le comte de Lassigny à ajouter dorénavant le nom de Juigné au sien pour prouver qu'ils étaient réellement de la même famille.
Le comte de Lassigny de Juigné fut élu, le 27 avril 1789, député de la noblesse aux États généraux par la sénéchaussée de Draguignan (généralité de Provence). Il vota sans exception avec le parti de l'Ancien Régime, se montra constamment le défenseur des « vrais principes de la monarchie », et signa toutes les protestations qui furent faites par les députés « fidèles ». Il fit partie de la députation de l'assemblée qui accompagna le roi dans un voyage qu'il fit à Paris, en juillet 1789, et il fut assez heureux pour que le zèle qu'il mit à écarter la foule qui retardait la marche de sa majesté fût remarqué par elle, et qu'elle lui en fît témoigner sa satisfaction par son capitaine des gardes.
Après le « fatal » voyage de Varennes, et à l'époque où le roi avait seulement la faculté de désigner quinze personnes auxquelles il était permis d'entrer au palais des Tuileries, le comte de Lassigny de Juigné eut l'honneur d'être placé sur une des premières listes qui furent données à l'officier supérieur qui, pour lors, était chargé de la garde du palais.
Lorsque l'Assemblée nationale constituante eut enfin terminé ses travaux, il se proposait d'aller joindre les parents de son nom qui servaient tous au-dehors sous la bannière des lys ; mais la bienveillance particulière dont l'honoraient la reine Marie-Antoinette et madame Elisabeth, le retint à Paris, où il périt, lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792, en défendant le roi.
Son fils de 14 ans, qui l'avait suivi pendant plusieurs années aux Tuileries, revêtit des habits de paysans, et traversant la France révolutionnaire, il alla jusqu'au château de Saint-Martin apprendre à la comtesse qu'il n'avait plus de père. La mort de ce dernier lui fit éprouver des pertes considérables dans sa fortune. Ses biens ont été mis plusieurs fois sous séquestre, et malgré toutes les persécutions que son attachement bien connu à la maison de Bourbon lui firent subir, il lui resta constamment fidèle.