Famille - Parents et enfants

Bertrand II DES BAUX AVELLINO



Seigneurs des Baux de Provence - +

Barral Ier DES BAUX
1204 - 1270
Sybille d ANDUZE
1210 - 1279
img Bertrand II DES BAUX AVELLINO
1240 - 1312
 
Raymond III DES BAUX AVELLINO   - 1321
Beatrix DES BAUX AVELLINO   - 1324
Alix Elise des Baux   - 1312
+

Lors de la conquête du royaume de Naples par la seconde dynastie angevine, en 1264, Barral et ses fils, Raimond et Bertrand , accompagnent leur suzerain. En récompense, Barral devient premier magistrat de la ville de Milan et grand justicier pour la Sicile. Bertrand obtient quant à lui les comtés de Montescaglioso et d'Avellino et le duché d'Andria . Le petit-fils de Bertrand, Hugues, sera sénéchal de Provence et chambellan de Jeanne, reine de Naples. Fixé en Italie, Bertrand des Baux devint la souche d'une nouvelle branche de la famille des Baux qui, une fois transplantée dans la région de Naples , se diffusa dans toute l'Italie méridionale , notamment en Pouilles (Andria, Tarente) et en Calabre (Squillace), avant de faire souche dans les Balkans (Durazzo, Achaïe) jusqu'en Orient . Les auteurs et les documents slaves leur donneront le nom de Balscha, les chroniqueurs latins et italiens celui de Balsa ou Balza. Bertrand des Baux , fils de Barral est qualifié de "cousin du roi", privilège établissant une sorte de parenté artificielle avec le souverain (Charles Ier d'Anjou) Bertrand des Baux, succéda à son frère Raymond après la mort de ce dernier. Il avait suivi , avec son père, Charles d'Anjou comte de Provence en 1265 . Bertrand (1236-1305) poursuivît l'ascension si opportunément amorcée et reçut le comté d'Avellino en 1278, un des principaux du pays. Ses capacités s'illustrèrent dans diverses charges : capitaine des troupes de Campanie, il fut aussi vicaire de Rome (*) et ambassadeur près du roi d'Aragon. Il avait fait en 1263 un brillant mariage avec Philippine de Poitiers , fille du comte de Valentinois. Il avait appelé sur lui l'attention de Charles d'Anjou, par sa belle conduite à la bataille de Bénévent .(*) Il s'attira sa bienveillance qui ne se démentit jamais, par un trait d'élégante flatterie, après la bataille de Bénévent gagnée par ce prince sur Mainfroy bâtard de Souabe, usurpateur du royaume sur Conrad son frère légitime le 26 février 1266 ; Cette victoire ayant rendu Charles maître du royaume, il entra triomphant dans la ville de Naples, et s'étant rendu avec son cortège dans le château capouan où était le trésor de Mainfroy, il ordonna au sire des Baux de faire apporter des balances pour en faire le partage." Qu'est-il besoin de balances ? " dit Bertrand, et formant du pied trois tas plus ou moins égaux : "voici le vôtre, Sire , dit-il en lui montrant le plus gros, le second est pour Madame la Reine, et celui-ci pour vos chevaliers" . L'action du sire des Baux plut infiniment au roi, qui approuva le partage et lui donna pour récompense 400 onces d'or de revenu et douze châteaux dans l'Abruzze et en fief noble de nombreux domaines dans la Terre de Labour. Bertrand des Baux possèdait Puyricard à Sarrians, le château de Pernes, des terres à Monteux, à Cavaillon, à Cabrières, les seigneuries de Nyons, Vinsobres, Miarabel. Malgré sa part de prise, Betrand, pour payer ses dettes, fut obligé en 1268, d'hypothéquer son château de Montueux en Provence, et en 1272, de vendre sa terre de Baucet à l'évêque de Carpentras. En 1284 il reçoit l'héritage de son oncle Guillaume de Pertuis qui, après la mort sans enfants de son fils Bertrand compagnon d'armes de Barral en Italie, lui laisse la baronnie de Pertuis. En 1287, Bertrand est envoyé en Sicile par le comte d'Artois régent du royaume pendant la captivité de Charles II le boiteux, pour essayer de la reconquérir. Il met la voile à Brindisi, le 15 avril 1287 avec 40 galères et prend d'abord Agouste le mercredi premier jour de mai. Mais Jacques, roi de Sicile, étant allé l'assiéger, il fut obligé de se rendre prisonnier après avoir fait une belle défense, le 23 juin suivant. Le comte d'Artois le racheta tout de suite, et céda pour sa rançon l'ile d'Ischia, quoique très importante aux affaires du roi à cause de son voisinage du port de Naples ;mais ses deux fils restèrent en otage jusqu'en 1290, époque à laquelle, envoyé par Charles II comme ambassadeur, il put conclure la paix. Deux ans après, il vendit la ville de Calvi au cardinal Benoit Cajetan. Ses embarras d'argent , malgré tout, ne diminuaient pas; Retenu en Italie, il confia, en 1281, le gouvernement de toutes ses possessions dans le Comtat à son oncle Raymond d'Orange. Il délègua en 1286 l'administration de la ville de Pertuis à l'un de ses habitants et en partagea les revenus avec l'abbé de Montmajour qu'il reconnut comme suzerain en 1289, et qu'il autorisa à arborer sa cuculle sur la tour du château. On le voit en 1268, 1278 et 1291 prêter hommage pour Trinquetaille et les ports de Fourques et Saint Gilles à l'archevêque d'Arles, puis au prévôt de la Major à Marseille pour Aubagne et Rochefort ; Il cède à Charles II en 1294 tout ce qu'il a encore de droits sur Pertuis, et en 1300, ses terres de Villeneuve en Camargue et ses salins de la Mergue Baussenque. La même année, il vend à Rostan, archevêque d'Arles, les château et ville de Trinquetaille, avec tous ses péages du bourg d'Arles. En même temps, moyennant argent, il termine ses longs litiges avec la communauté d 'Aubagne, en octroyant de larges franchises aux bourgeois . Il cède enfin, en 1302, son domaine de Calvi en Italie. Il rendit hommage au mois de décembre 1268 dans l'église de Marseille et devant le chef de Saint Lazare, à Pierre Gaucelin, évêque de cette ville, pour les terres d'Aubagne, de Julians, et de Cuges,et pour la bastide d'Allauch ; Il rendit hommage dans le château de Pernes à Raimond Bosigon juge du Venaissin pour le pape Grégoire X pour les terres de Monteoux, Caromb, Bédouin, Lauriol, Bedarrides, Puyricard,pour une partie de Brantes, de Cavaillon et de Cabrières, au mois de février 1274. Le roi lui donna en 1278 la seigneurie de Gonza, et érigea en sa faveur en titre de comté la seigneurie d'Avellino comprenant les terres de Calvi, Riardo, Torré, Francovisi, Padulo, dans la principauté, par lettres du 6 février de la même année. Il remit quelques temps après la terre de Padulo au lieu de laquelle on lui donna Loritto dans l'Abruzze ; mais quelques considérables que fussent ces terres, il tenait un si grand état qu'il fut obligé d'emprunter pendant l'année 1278, 500 écus d'or de Josselin della Marra. Il fut présent au traité d'alliance conclu à Orviette entre l'empereur de Constantinople, le roi de Naples et la République de Venise le 3 juillet 1281, et rendit hommage le 5 des calendes d'octobre 1287 à l'abbesse de saint Césaire d'Arles pour les seigneuries de Nyons, Vinssobres et Mirabel, qu'il avait achetées 3200 livres tournois, sous la redevance annuelle d'un marc d'argent et d'une once d'or ouvré. 10 juillet 1291 : Rainaud Porcelet d'Arles , seigneur de Sénas, viguier de Marseille, et Uc de Morières, juge de cette ville, enjoignent à Bertrand des Baux comte d'Avellino, de comparaitre devant leur cour sous quinzaine pour mettre fin au litige qui oppose les syndics de la ville d'une part, aux monastères de Saint Victor et de Saint Sauveur, au prévôt de la Major,et aux autres citoyens, d'autre part, au sujet des bornes des territoires de leurs seigneuries ; Il eut en 1297, un grand démélé avec les villes d'Arles et de Tarascon, pour lequel le roi nomma des commissaires à sa prière. Il vendit la même année la ville de Pertuis à ce prince pour la somme de 1046 livres et acheta l'année suivante du recteur du Venaissin les terres de Bédouin, de Lauriol et d'Entraigues, au prix de 7000 livres tournois. Il rendit hommage dans le château de Pernes le 3 juillet 1295, pour les terres qu'il avait en Venaissin, à Jean de Grille recteur de la province, et assista le même jour à celui qui fut rendu par Bérenger Fournier évêque de Carpentras; Il renouvela son hommage entre les mains de Mathias de Theate et de Guillaume de Mandagot recteurs du Venaissin en 1299 et 1300. Il eut cette dernière année une affaire sur les bras dans le comté Venaissin qui lui donna de grands chagrins, car il perdit la plupart des terres qu'il possédait : Mathias de Theate fit saisir sans forme de procès les châteaux de Bédouin, de Lauriol et d'Entraigues appartenant au comte d'Avellino. Et lorsque ce seigneur se présenta pour se plaindre de ce procédé odieux et irrégulier, iln'eut d'autre réponse du recteur, sinon qu'il avait agi par ordre de la cour de Rome. Le comte d'Avellino délibéra sur ce qu'il avait à faire, avec ses parents et ses amis. L'assemblée se tint à Avignon hors de la juridiction du recteur, dans la maison des chevaliers de saint Jean, le 22 mars 1300. Les évêques d'Avignon et de Carpentras ouvrirent la conférence, et leur avis fut de s'adresser directement au pape ; Mais le comte d'Avellino était dans un âge avancé et relevant de maladie, on convint de lui envoyer des députés, après néanmoins avoir fait prier le recteur par deux barons de la province d'être favorable au comte d'Avellino. Le pape Clément V successeurde Boniface rendit ultérieurement justice aux enfants du comte d'Avellino. Il fut marié : 1°° - avant 1254 avec Philippine de Poitiers , fille ainée d'Aymar II, comte de Valentinois et de Fleurie de Beaujeu sa première femme; Elle eut une partie de sa dot assurée sur le bourg de Monteoux près de Carpentras, pour raison de quoi Alfonse de France comte de Toulouse manda en 1269 à son sénéchal de recevoir l'hommage de Bertrand des Baux. Son père, le comte de Valentinois lui fit un legs par son testament de l'an 1277 et la substitua avec Raimond des Baux son fils ainé, à ses enfants mâles. 2 °° - Il se remaria avant 1298 avec Agathe d'Agoult , laquelle étant veuve , vendit avec ses enfants le 6 novembre de l'an 1313, à l'église romaine les Fontaines du territoire de Caromb appelée des Alpes, pour l'usage de la ville de Carpentras, avec toute juridiction sur le cours de ces eaux. De sa première épouse, Philippine, fille d'Aymard III de Poitiers, comte du Valentinois, Bertrand des Baux a deux fils connus : - Raymond, seigneur de Baux, comte d'Avellino, sénéchal de Provence, régent de Naples et de Sicile ; - Hugues, seigneur de Lauro, sénéchal du Piémont et vicaire général de Lombardie. De sa seconde épouse, Agathe, fille du seigneur Raymond V de Mévouillon, il a cinq enfants connus : - Barral, seigneur de Loreto ; - Agout , seigneur de Caromb, sénéchal de Beaucaire, Nîmes, Toulouse et Albi, capitaine général en Languedoc ; - Sibylle, †? 1360, épouse d'Aymard V de Poitiers, comte de Valentinois ; - Béatrice , épouse de Guigues de Viennois (†? 1319), fils de Humbert, baron de la Tour-du-Pin et dauphin de Viennois ; - Cécile Rascasse, †? 1342, dame de Caromb, Beaumes-de-Venise, Bédoin, Entraigues, Loriol et Mormoiron ; épouse de Raymond-Guillaume de Clermont-Lodève, seigneur de Budos. (*)Vicaire de Rome : La charge sénatoriale fut viagèrement accordée à Charles d'Anjou par les treize "boni homines" représentant le peuple romain. Il la fit exercerpar des "vicaires" : Jacques de Gantelme, Pierre de Sommereuse, Jacques de Vence, Bertrand des Baux (1270),Guillaume de Gignac, Bérard de Rayan (1271), Guillaume des Barres (1275) Geoffroi de Polisy (1276)Hervé de Chevreuse, Jean de Ponsonnes, auquel Nicolas III substitua momentanément deux Italiens, puis par Guillaume L'Estendard (mai1281), Philippe de Lavène, Geoffroy de Dragonne. La révolte du 22 janvier 1284,contrecoup attardé des Vêpres Sicilienne, mit fin à l'autorité des Anjou. https://archive.org/details/inventairechrono00bart ( *) Le 26 février 1266, la bataille de Bénévent (Italie) opposa les Siciliens du roi Manfred de Hohenstaufen aux Français et Provençaux de Charles d'Anjou, victorieux. Cette campagne est considérée par l'Église comme une croisade, Manfred étant excommunié. Bertrand II des Baux, (1244-1305), second fils de Barral, comte d'Avellino, reprend les titres de son frère décédé, en particulier le titre de seigneur des Baux. Il est baron d'Aubagne et possède d autres fiefs en Venaissin, en particulier la seigneurie de Pertuis (Castrum de Pertusie) héritée pour moitié de son grand-père maternel Guillaume de Sabran, mort à Naples. L autre moitié de cette seigneurie lui est inféodée par l abbé de Montmajour en 1261. Il cède cette dernière seigneurie à Charles I er d'Anjou en 1266. La chronique d'un tournoi en Provence nous indique qu'il est rude au combat " Son cheval avait belle encolure et larges flancs. Bertrand parut si dur au choc, qu'il renversa avec sa lance le brave Raymond d'Agoult, et fit boiteux vingtchevaux sans recevoir lui-même aucune blessure." Il est la tige de la branche des comtes d'Avellino . http://jean.gallian.free.fr/comm2/Images/genealog/Baux/pdf/p3a.pdf Notes concernant l'union Union avec Philippa de POITIERS VALENTINOIS Barral, voulant témoigner toute son amitié au chef de la maison de Poitiers, déclare que celui de ses fils qui épousera Philippine sera son héritier universel. Aymar s'engage à faire ratifier cette convention par ses vassaux et promet de donner sa fille à Barral ou à Raymond de Baux, prince d'Orange, qui la gardera jusqu'à ce qu'elle soit en âge d'être mariée. L'acte fut rédigé à Monteux, dans l'église de l'Hôpital de Saint-Jean, le 10 avril 1244.