Famille - Parents et enfants
Barral Ier DES BAUX
| Hugues III DES BAUX 1174 - 1240 | Barrale de MARSEILLE 1180 - 1235 |
![]() | Barral Ier DES BAUX 1204 - 1270 |
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Marie Beatrix des Baux - Bertrand II DES BAUX AVELLINO 1240 - 1312 + |
Prince des Baux - sénéchal du comté Venaissin - grand-justicier du Royaume de Naples
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Homme de guerre d'une incontestable valeur, doué d'une activité à toute épreuve et ne reculant devant aucune mesure pour arriver à son but, Barral est le plus fidèle allié du dernier comte de Toulouse, Raymond VII, dont il a épousé la nièce (Sybille d'Anduze) . Il poursuit la guerre suscitée par son père et les princes de sa maison aux comtes de Provence. Podestat d'Arles (et d'Avignon) , il s'oppose vivement à la politique de l'archevêque Jean Baussan (soutien de Raymond Bérenger V puis de Charles I d'Anjou), récoltant plusieurs excommunications successives .
Après 1250, privé du soutien de Raymond VII alors décédé, Barral abandonne sa politique d'opposition au comte de Provence et devient un de ses plus fidèles compagnons. Il participe à la conquête du royaume de Naples avec son fils Bertrand, souche des comtes d'Avellino , et quelques-uns de ses cousins. Il devient podestat de Milan puis grand justicier de Naples mais n'en dédaigne pas pour autant ses domaines de l'arrière pays provençal.
En 1233, Gilbert, frère de Barral, fait son testament en faveur de son épouse et légue à Barral les terres d'Aubagne, Castellet et Revest.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barral_Ier_des_Baux
Evincés par la maison de Barcelone, les seigneurs des Baux durent un temps se contenter des seconds rôles, peu conformes à leur caractère et à leurs visées. Celui qui vamaîtriser le destin et offrir à sa famille, guidée par l'étoile des mages, de nouveaux champs de gloire et de profit fut Barral , homme profond et politique (1217-1270).
Barral, sire des Baux , seigneur d'Aubagne, du Castellet, de la Cadière, de Cereste et de Rochefort en Provence, seigneur du Cadenet, Fourques et Cornillon en Languedoc, seigneur de Cavaillon et de Monteoux au comté Venaissin, etc . fut sénéchal du Comtat pour le comte de Toulouse (1236), dont il épousa la nièce, Sibylle d'Anduze , et seigneur des Baux-de-Provence de1240 à 1270.
Avant d'hériter de son titre de seigneur des Baux, le plus éclatant des faits d'armes de Barral fut sa prise du Comtat venaissin . Raymond VII de Toulouse avait demandé au Pape en 1234 la restitution du Comtat Venaissin. Il était soutenu dans cette revendication par Saint Louis qui venait (mai 1234) d'épouser Marguerite, fille de Raymond Bérenger comte de Provence, et aussi par Frédiric II, qui par une brusque évolution de sa politique s'était tourné contre le Saint Siège ; Sur une réponse dilatoire du pape, le comte de Toulouse se fit justice lui-même : il franchit le Rhône, malgré l'excommunication qui le frappe (4 août 1234), assiège et prend Tarascon, et se rend en Italie auprès de Frédéric II qui, le mois suivant, par diplôme délivré à Montefiascone, lui donne en fief les terres d'Empire ayant appartenu à la Maison des Comtes de Toulouse et détenues par l'église depuis 8 ans. Fort de cette investiture, Raymond revient en Provence et ses troupes, commandées par son sénéchal en Venaissin Barral des Baux , excommunié lui aussi à cette occasion, en prennent possession. La guerre se termine en 1237 par un traité aux termes duquel Raymond deToulouse s'engage vis à vis du pape à donner en mariage sa fille unique Jeanne à Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, qui devient ainsi l'héritier du comté de Toulouse.
En 1240, à la mort de son père, Barral devient seigneur des Baux. L'été de la même année, Raymond VII, comte de Toulouse, résolu à mettre Arles sous sa coupe, vint accompagné d'une armée en Camargue et s'empara de Trinquetaille, qu'il acquit sans doute avec l'accord contraint de Barral, puisque ce domaine lui appartenait et que les deux hommes étaient amis. Louis IX, roi de France, intervint en faveur de Barral et lui fit reprendre possession de ses biens. Favorable au comte de Toulouse, la population arlésienne se révolta et s'empara de Trinquetaille et de plusieurs places. L'archevêque d'Arles confisqua les revenus des terres saisies qui auraient dû revenir à Barral. Le 21 décembre 1245, un traité de paix fut conclu entre les parties et les possessions de Barral lui revinrent à nouveau.
Le nouveau comte de Provence (1246), Charles d'Anjou qui avait manifesté la volonté de mettre sous sa coupe les cités indépendantes de Marseille, Arles et Avignon, dont les idées républicaines l'offusquaient part pour la Palestine.
Pour la première fois dans leur histoire Marseille, Avignon et Arles formèrent une coalition et s'allièrent par une acte de mai 1247. Les villes " s'engageant pour 50 ans à faire cause commune, de toute manière, contre toute personne publique ou privée, baron ou prince, ville ou communauté, qui prétendrait attenter à leurs droits ou franchises, à ne demander nipaix ni trêvesans l'avis et le consentement des autres villes, à demander raison, dès ce jour, de toute offense à l'une d'elles qui remonterait à moins d'un an, et à déclarer la guerreà qui refuserait satisfaction".
Dirigé contre le comte de Provence, ce traité excluait formellement toute opération contre Raymond de Toulouse et la cour de Rome. Barral prenant parti pour la population d'Arles devient porte-parole des révoltés , ce qui lui permet de rester dans les faveurs du comte. Arles porte Barral en héros et le proclame podestat (Barral était déjà, et pour la troisième fois podestat d'Avignon ). Jean Baussan, archevêque d'Arles, proteste, met Barral en demeure d'abandonner cette charge, sous peine deperdre le fief de Trinquetaille qu'il tient de l'église et envoie des délégués lire des lettres au conseil de la ville. Barral les laisse lire mais une telle clameur s'élève dans la salle que les envoyés de Baussan s'enfuient au plus vite. l'archevêque obligé de s'enfuir, excommunie les Arlésiens et Barral , dont il frappe d'interdit tous les domaines. Mais bientôt, effrayé par les excès démagogiques,découragé par la mort de son oncle Raymond VII de Toulouse en 1249, il recule, et écrit secrètement, le 1er mars 1249, à la reine Blanche de Castille, pour lui offrir de ramener Arles à Charles d'Anjou , et Avignon à Alphonse de Poitiers . Il était trop tard : en1250 Charles d'Anjou et Alphonse de Poitiers reviennent de leur captivité à Tunis. Après un siège (*) Charles reprend Arles le 30 avril 1251 et pardonne à ses habitants, à l'exception de Barralqui conclut avec lui une trêve d'un mois ; Avignon se rend le 6 mai et, au mois d'octobre suivant, Barral promet de se soumettre, de payer 2000 marcs d'argent, et de donner pour caution son fils Bertrand, ses trois neveux (Bertrand de Meyragues, Guillaume de Berre et Bertrand de Pertuis) et les châteaux d'Aubagne, Pertuis et Marseille ; Il promet même de pousser les Marseillais, ses anciens alliés, à se soumettre au comte Charles de Provence, et à les combattre s'ils s'y refusent. Le 22 novembre, il reconnait solennellement tenir en fief dudit comte toutes ses terres de Provence, spécialement les Baux, et renonce à tout privilège impérial que ses ancêtres auraient pu obtenir. Marseille se soumet à son tour, et c'est Barral qui, le 26 juillet 1252, est délégué parCharles et Béatrix pour recevoir leur serment de fidélité.
Pour prix de cette soumission, Alphonse de Poitiers comte de Toulouse, qui, par son mariage avec Jeanne fille de Raymond VII de Toulouse, était devenu cousin de Barral, lui rend, en janvier 1253 tous ses fiefs du comtat Venaissin, à condition qu'il ira dans le délai d'un an que le comte se réserve la faculté de proroger, guerroyer deux ans en Terre Sainte, avec dix chevaliers et dix arbalétriers. Le 17 des calendes de novembre 1255,un accord passé dans le cloître de l'église Saint-André des Baux achève de le réconcilier à Jean Baussan.
Mais la soumission des Marseillais n'était pas définitive : en 1257 ils se révoltent et tuent des officiers du comte Charles d'Anjou, qui réduit la ville par la famine, et fait trancher la tête auxchefs de la rebellion. Barral, définitivement rallié à Charles d'Anjou figure comme témoin le 23 août 1257 de l'acte par lequel Raymond Ier des Baux, prince d'Orange, cède à Charles le titre de roi d'Arles et de Vienne, que Frédéric II avait conféré à son père Guillaume d'Orange en 1215 et qu'il n'avait d'ailleurs jamais porté.
La ville de Marseille s'étant soulevée en 1262 contre Charles d'Anjou comte de Provence, ce prince en fit faire le siège par Barral des Baux son capitaine général , qui s'étant posté du côté de l' abbaye de Saint Victor, réduisit les Marseillais à l'obéissance. Il rendit hommage la même année avecBertrand son fils, aux chanoines de Marseille pour la terre d'Aubagne, et acquit de Guiramande Adhémar, fille de Giraud, le tiers de cette seigneurie avec une bastide située vis-à-vis du château d'Allauch.
Il acheta avec son fils ainé, de Bertrand de Cavaillon, une partie de la Ville de ce nom pour la somme de 25 000 sols tournois, par acte passé dans leur château de Bédouin, le 12 des calendes d'octobre 1263, dont ils reçurent l'investiture de Jean d'Areife sénéchal du comtat Venaissin.
Malgré son apparente hostilité passée, les relations entre Barral et le comte de Provence, Charles d'Anjou, furent toujours des plus cordiales et basées sur la plus entière confiance. Charles d'Anjou est nommé roi de Naples (1266), et Barral, qui se préparait à partir pour la Palestine en exécution de son engagement de1253, est, à la demande spéciale du pape, relevé de sa promessepar Alphonse de Poitiers comte de Toulouse, et part pour l'Italie, accompagné de son fils Bertrand, de son neveu Bertrand de Pertuis et de quatre de ses cousins de la branche de Berre (Bertrand II et ses deux fils Hugues et Bertrand III, et enfin de Bertrand de Marignane).
Raimond des Baux, son second fils commanda avec Philippe de Montfort et Guy de Lévis seigneur de Mirepoix, l'avant garde de l'armée de ce prince à la fameuse bataille de Bénévent gagnée surMainfroy le 26 février 1266.
Charles d'Anjou le charge de Milan et nomma Barral podestat de Milan (ce qu'aujourd'hui on appellerait direction des services de l'arrière). Charles d'Anjou se rend ensuite à Rome dont il avait été nommé sénateur pour trois ans, et y prend le titre de "rex senator urbis", et le 6 janvier 1266 y reçoit la couronne des mains d'Urbain IV. Le 26 février suivant, Manfred est battu et tué à la bataille de Bénévent , dans laquelle Bertrand, fils de Barral qui commandait l'avant garde de l'armée française, se distingue de manière toute particulière.
Barral, appelé à Naples, est nommé grand justicier du royaume . Il y assiste, en cette qualité, comme témoin, en 1266, au testament de la reine Béatrix femme de Charles d'Anjou, puis en 1267, au traité d'alliance conclu à Viterbe entre Charles et Baudoin II dernier des empereurs latins de Constantinople, chassé de ses états par Michel Paléologue.
Barral meurt en 1268 et demande à être enterré au monastère de Sylvacane fondé par ses aïeux.
Barral des Baux fut marié avec Sibylle d'Anduze à qui le roi saint Louis, qui avait confisqué les biens de son père en 1243, assigna soixante dix livres de rente sur le péage de Beaucaire pour tous les droits qu'elle y pouvait prétendre. Elle était la fille de Pierre Bermond sixième du nom, seigneur d'Anduze et de Sauve , coseigneur d'Alais et de Largentière et de Constance de Toulouse , fille du comte Raimond le Vieux. Sibylle ratifia avec son mari et son fils ainé, par acte du ler décembre 1264, l'arrangement fait par le roi Saint Louis au sujet de son mariage. Elle et son fils prétendirent en 1275 avoir droit d'imposer des tailles sur leurs vassaux de Puyricard, mais ils en furent déboutés par jugement de l'archevêque d'Arles, confirmé par le pape Grégoire X. Barral et Sybille d'Anduze, eurent plusieurs enfants, dont :
- Raymond des Baux, successeur de son père à la tête de la maison des Baux ;
- Bertrand des Baux , à qui le comte de Provence Charles avait donné un revenu de 400 écus d'or et douze châteaux dans les Abruzzes, et qui succéda à son frère aprèsla mortde ce dernier ;
- Béatrice mariée avec Bertrand de Porcelets .
Barral des Baux fit honneur aux belles lettres, et protégea troubadours et savants . Il fut troubadour lui-même et philosophe jusqu'à l' astrologie, ce qui l'a fait accuser de superstition par le moine des iles d'or et par celui de Montmajour qu'on appela de leur temps "les fléaux des poètes vulgaires".
" les belles lettres et les études scientifiques étaient cultivées dans la Maison des Baux, par Barral, seigneur de Marseille . Il avait rassemblé une grande quantité de livres arabes sur l'astrologie. Cette lecture le rendit superstitieux. Un jour, comme il partait pour Avignon avec tout son train de voyage, il rencontra une vieille femme qui profitait pour herboriser des premières clartés de l'aube et regardait tantôt la terre, tantôt le ciel. A son aspect, Barral fit un signe de croix et lui demanda si elle avait vu un corbeau ou quelque oiseau pareil : "oui, répondit la vieille, sur le tronc d'un saule mort". Béral compta sur ses doigts quel était le jour de l'année et tourna bride".
Selon la tradition, Barral serait mort à Avignon, en 1270, d'une attaque cardiaque à la vue d'un corbeau qui s'était posé à la fenêtre de la salle où il se trouvait avec sa femme et ses enfants. Il aurait eu la hantise de ces oiseaux depuis le jour où il en avait aperçu un dans un champ près de Saint-Rémy-de-Provence.
(*) En 1235 à Arles, le mouvement anti-clérical prend la forme d association jurée ou confrérie, menée par quelques bailes ou responsables, à la tête desquels figurent Bertran et Rainaud Porcelet. Le palais de l archevêque est mis à sac (Stouff). Jean Baussan, réfugié à Salon excommunie les meneurs. D après J. CharlesRoux, l archevêque serait rentré à Arles à la fin 1236 après avoir fait des concessions. En 1238, Jean Baussan se rend à Brescia où il prête serment de fidélité au vice-roi, le comte Béroard de Lorette nommé par l empereur Frédéric II. L archevêque n est plus qu un intermédiaire entre la commune et l empereur.Toutefois, peu de temps après (en 1239), le comte de Provence Raimon Bérenger V qui a chassé le représentant de l empereur de la cité d Arles, devient le seul maître de la situation.Il remet solennellement le prélat sur son siège et ses troupes occupent un quartier d Arles (le Vieux Bourg).En 1249 comme en 1234, la République d Arles chasse à nouveau l archevêque Jean Baussan ; la «" Confrérie »" reprend le pouvoir et elle appelle au gouvernement de la ville comme podestat le chef du parti hostile au clergé dans toute la Provence: le célèbre Barral des Baux déjà podestat d Avignon .L intervention du Comte de Provence en1251, fait capituler la Ville d Arles et Jean Baussan retrouve son siège épiscopal. Toutefois, en contrepartie ,l archevêque a perdu son pouvoir temporel.
En 1264 Raymond Bertrand et Barral des Baux, Guillaume de Porcelets, Bertrand et Richard d'Allamanon, Jacques et Rostang de Gantelme, et Féraud de Barras, grands commandeurs de Saint Jean, tous gentilshommes de la ville d'Arles, accompagnèrent le comte Charles pour faire la conquête du royaume de Naples.
Extraits du livre "La Provence au Moyen Age" de Martin Aurell :"stratégies personnelles d'ascencion page 122 et suivantes :
"Pour Barral des Baux (1217-1268), l'une des personnalités les plus importantes de la première moitié du XIIIème siècle , la réussite personnelle vaut bien quelques revirement en matière politique ...Il appartient de plein droit aux plus prestigieux lignages du comté. Lors de son adolescence et de sa jeunesse, il est témoin du démantèlement de la seigneurie de ses ancêtres sur Marseille : au cours des années 1220, les marchands de la ville basse achètent les droits que son père détient dans cette ville et son arrière pays. En dépit de quelques conflits passagers avec la confrérie du Saint Esprit, Uc et Barral se comptent parmi les partisans de Raimond VII de Toulouse dès son avènement en Provence en 1230. C'est à ses côtés que Barral combat alors Raimond Bérenger V, préférant les villes au comte de Provence, qu'il sait avide de récupérer les terres bausssenques. Les années suivantes, ses agissements dans l'ost du Toulousain lui valent plusieurs excommunications...En 1236 le légat du pape l'accuse d'avoir envahi le comtat Venaissin: à cette époque ilest sénéchal du comte de Toulouse pour le Venaissain. En 1240, nouvelle campagne pour reprendre le marquisat de Provence, qui lui vaut encore une excommunication. En 1247 il est l'un des principaux ennemis de Charles Premier, nouveau Comte de Provence, contre lequel il suscite l'alliance des trois grandes villes du comté.Toutefois,son attitude change en 1251 : il trahit les villes provençales et s'entend avec Charles Ier.Les excommunications sont alors levées. Il lutte désormais dans le camp du frère de Saint Louis. Il collabore à l'expansion angevine en Italie, où il occupe les charges de Podestat de Milan et de grand justicier du royaume de Sicile .Les raisons de ce bouleversement sont sans doute d'ordre matériel. Beau-frère du comte de Toulouse, il marie son fils à lafille d'Aymard de Poitiers comte de Valentinois et ses filles, à Amédée comte de Savoie, et au fils du comte de Rodez. Il détenait une très vaste seigneurie en Provence Rhodanienne, les terres baussenques qui relevaient directement de l'empereur. Un tel personnage ne pouvait ou ne voulait risquer lacommise; Face au nouveau comte de Provence il comprit que la partie du mouvement communal était perdue, et il préféra abandonner les villes."
voir aussi :
http://jean.gallian.free.fr/Barral-Web/P00.html
http://jean.gallian.free.fr/Barral-Web/P01.html
http://jean.gallian.free.fr/Barral-Web/P10.html
http://jean.gallian.free.fr/Barral-Web/P14.html
L année 1244 est surtout marquée par les évènements familiaux : Barral marie ses enfants et adopte une politique matrimoniale pour assurer leur avenir et leur garantir leur sécurité, si possible en ouvrant de nouveaux horizons et de possibles accroissements de patrimoine familial.
- D abord il s agit de son jeune fils aîné, Hugues qui doit avoir moins de 5 ans : Il passe un accord avec Aymar III de Poitiers, le comte de Valentinois pour qu Hugues épouse sa fille quand ils seront en âge de le faire. Si cela n était pas possible, c est son fils cadet Bertrand, qui vient de naître, qui épousera Philippine de Poitiers . Evidemment, le comte de Poitiers promet de donner son comté à sa fille s il n a pas d autre enfant mâle et Barral promet que le jeune époux sera l héritier de tous ses biens. La dot promise par le comte de Poitiers est très importante : 10.000 sous le jour du mariage et une somme identique tous les dix ans jusqu au paiement complet de la dot que le comte de Toulouse doit fixer. Lajeune promise sera sous la garde des Baux, de Barral ou de ses cousins les princes d Orange, jusqu au mariage. Tous les barons de la Drôme provençale et les amis et parents de Barral sont présents àcette occasion dans l église de l hôpital de Saint-Jean de Monteux .
- Ensuite, il s agit de sa fille Cécile, héritière en puissance pour le marquisat de Provence, celle-là même qui avait épousé le dauphin Guigues. Son mariage avec le dauphin ayant été cassé, des négociations commencent pour un remariage avec le comte de Savoie, Amédée IV. Les envoyés du comte sont à Toulouse, le 22 novembre 1244, et se mettent d accord avec le comte sur le montant de la dot, 6.000 sous de viennois qui seront donnés le jour du mariage, et 1.000 marcs d argent que le comte de Savoie assigne sur les châteaux de Chambéry et de Montmeillan. La convention de mariage est signée et scellée de six sceaux pendants sur cordelette de soie rouge : ceux de Barral, du comte de Toulouse, d Amédée IV, d Adhémar, le sire de Bressieux, d Humbert de Seyssel et d Aimon de Compeis.
Amédée IV, 47 ans à l époque, a déjà été marié avec Anne de Bourgogne et a eu deux filles, Béatrice et Marguerite, mais pas de fils. Son comté dépasse largement les possessions savoyardes de ses ancêtres car il s est agrandi de l autre côté des Alpes : Il est marquis en Italie. Il a compris l intérêt qu il y a à épouser une héritière potentielle du marquisat de Provence.
Le mariage est très vite célébré, le 18 décembre, par procuration. Humbert de Seyssel procureur d Amédée IV, le remplace pour la cérémonie qui a lieu à Orange. Les princes de cette cité sont présents avec Guillaume de Sabran et d'autres de la grande famille des Baux .La cérémonie religieuse a lieu à Carpentras dans un grand déploiement de faste.
Cécile aura très vite un fils, Boniface qui succédera à son père comme comte de Savoie et trois filles.
Beaucoup plus tard, le dauphin Guigues aura besoin de justifier la légitimité de son second mariage avec Béatrice de Savoie, fille du comte Pierre, et de ses enfants. Le pape Alexandre IV demandera (1261) àl abbé de St-Chaffre de vérifier les faits et les dires de Guigues. Celui-ci lui a écrit que lors de son premier mariage, avec Cécile, il était en prison loin de ses domaines et qu il n avait donc pu consommer ce mariage et qu en sortant de prison, il avait déclaré que ce mariage lui déplaisait .
Barral, podestat d Avignon (1246-1251)
Avignon n est concerné qu en partie par le pouvoir provençal mais avait signé des accords d alliance avec le comte de Provence. L arrivée de Charles d Anjou entraîne la montée d un parti anti-provençal, anticlérical qui réussit à prendre le pouvoir et à nommer un nouveau podestat. Le choix du podestat se fixe sur Barral des Baux. On sait à Avignon qu il est capable de défendre la ville contre la pression "française", lui le grand seigneur du Venaissin, l ancien sénéchal du Venaissin pour le comte de Toulouse. Celan est pas du goût de l évêque Zoen qui doit s incliner et quitter la ville, s empressant de faire appel au pape et excommuniant la commune. Barral n a que faire d une nouvelle excommunication et détient le pouvoir dans la ville.
D ailleurs la réaction du pape, empêtré dans son conflit avec Frédéric II, est tout autre : le 20 octobre 1246, le Saint père reconnaît la donation faite par le comte de Toulouse à Barral de tous ses fiefs comtadins (4). Innocent IV cherche alors à contrer l influence de l empereur dans l ancien comté d Arles et la Curie juge que cela est d une importance plus grande que les affaires avignonnaises. Frédéric II multiplie les négociations dans la région, en Savoie, en Viennois et demande à tous ses vassaux, villes comprises, de se préparer à le rejoindre à Chambéry en juin 1247 pour une explication avec le pape, essayant par cette démarche de reprendre en main la situation de ce côté-ci des Alpes. Zoen est quand même confirmé par le Saint-siège pour ses possessions avignonnaises, mais n obtient rien de plus.
La situation financière de Barral ne doit pas être mauvaise puisqu il achète, le 9 février 1247, la troisième partie de la juridiction d Entraigues en Comtat .
Podestat d Avignon, seigneur en Venaissin, en Provence et à Arles, au mieux avec Marseille, Barral attend l opportunité qui lui permettrait de profiter d une faiblesse du nouveau pouvoir : il connaît la décision du roi de France de partir en croisade et prévoit déjà l éloignement du roi et de ses fréres vers la Terre Sainte. Il est à l écoute des évènements et ses relations l informent sur les projets des français.
D ailleurs, en cette année 1246, la grande affaire de la région est la création d'Aigues-Mortes : Louis IX se prépare pour la croisade et a besoin d'un port pour embarquer. Il fait acheter toutes les terres nécessaires, creuser un canal reliant la lagune à la mer, aménager un port, monter les murailles et les tours de la ville, et accorde des privilèges pour attirer des habitants. En deux ans, la nouvelle ville est construite et commence à recevoir vivres et armes pour la croisade. Bientôt les premiers bateaux que le roi fait construire apparaissent dans le port.
L alliance de Barral avec Marseille, Arles et Avignon :
Les communes sont inquiètes de l arrivée de Charles d Anjou qui menace leur indépendance. Il n a pas la réputation d être un tendre et son caractère autoritaire est déjà connu. Mieux vaut s unir pour résister, sauver les privilèges obtenus et si possible les augmenter. Barral a compris qu il peut s appuyer sur les villes. Il représente la force armée, la capacité à rassembler suffisamment de chevaliers, d hommes en arme, la garantie que le comte de Toulouse sera de leur côté. Ses alliances avec les comtes de Savoie, du Valentinois, ses cousins d Orange, en font une force incontournable pour s opposer à ce "français" qui prend le contrôle de la Provence.
C est à Arles, le 29 avril 1247, qu est signé en premier ce traité d alliance par les recteurs et le conseil général. Le traité est approuvé le 1er mai par tous les Arlésiens. Huit jours plus tard, Avignon, son conseil et son Parlement approuvent le traité et les 25 et 26 mai, Marseille fait de même par son conseil,ses chefs de métiers et par le parlement de la commune.
Ce sont les trois communes de Marseille, d Arles et d Avignon et Barral des Baux qui signent un traité offensif et défensif par lequel elles s engagent, avec Barral, à se prêter un appui mutuel pendant cinquante ans et à se défendre réciproquement, en cas de guerre, contre toute puissance, à l exception seulement de la cour de Rome, envers laquelle les parties doivent rester neutres.
Barral podestat d Arles (1249-1251) :
Barral bien établi à la tête du parti antifrançais et anticlérical, est nommé podestat de la commune d Arles, rôle qu il tient déjà à Avignon. Le conseil lui fait remettre son titre par douze citoyens de la ville .
L'archevêque proteste, le 12 janvier 1250 écrit à ses prieurs et prêtres d'Arles que Barral encourt la peine d'excommunication, tout comme ceux qui l'ont élu, pour ne pas lui avoir rendu hommage, ni juré fidélité, alors qu'il exerce la charge de podestat et donc le gouvernement de la ville.
L'archevêque lance son excommunication, le 9 mai 1250, contre Barral et les habitants d'Arles, contre la ville et son district, contre le château d'Aureille. L'interdit frappe tous les domaines de Barral
En octobre 1250, Charles d Anjou et Alphonse de Poitiers rentrant de croisade, débarquent à Aigues-Mortes fermement résolus à reprendre le pouvoir de leur comté.
le pape essaie encore de trouver une solution aux révoltes arlésiennes et avignonnaises ; il adresse trois bulles aux habitants de Marseille, d Avignon et d Arles, aux podestats et aux conseillers de ces villes. Barral des Baux est directement concerné par deux d entre elles. Aucune de ces bulles n eut le moindre effet.
C est le moment que Barral choisit pour s effacer, pour laisser sa place de podestat dans les deux villes, jugeant sûrement qu il est trop exposé dans ce rôle. Les révoltés, sans Barral, n avaient pas les ressources nécessaires, ni même la volonté de s opposer à la force. Ce fut Arles qui capitula en premier le 29 avril 1251,Avignon se soumet le 7 mai . Reste Marseille, toujours érigée en République.
Le 30 octobre 1251,Barral fait rédiger deux actes
- Le premier est une préparation à sa soumission , promettant de reconnaître au comte d'Anjou et de Provence toutes les terres qu'il possède dans son comté, y compris le château des Baux, mais à l'exception de celles qu'il tient de l'église de Marseille.
- l e deuxième concerne Marseille, l'insoumise. Il promet aux mêmes personnes d'agir pour amener la paix entre Marseille et le comte, et en cas d'échec, de faire la guerre aux Marseillais, en personne, avec ses vassaux et partisans, et cent chevaux qu'il tiendra équipés à ses dépens jusqu'à Pâques.
Le 9 décembre 1262, Barral des Baux achète à Giraude de Monteil ses droits à Aubagne et le château d Allauch pour un montant de 4 000 livre tournois. Giraude est la fille des anciens vicomtes de Marseille, Mabile et son mari Giraud-Adhémar, ceux-là même qui avaient vendus leurs parts de la vicomté de Marseille à la commune. Giraude est alors veuve de son mari Guillaume Anselme. Barral donne en garantie de paiement ses châteaux de Ceireste, du Castellet et de La Cadière et promet de faire ratifier cette transaction par son fils Bertrand. Il obtient le même jour l accord du prévôt du chapitre et rentre en possession du tiers d Aubagne . Barral donnera à Giraude le château du Castellet.
Charles Ier d Anjou lance un appel en Provence et aussi en France pour inviter barons et chevaliers à se joindre à lui. Il demande à Barral des Baux de l accompagner dans son expédition avec plusieurs autres personnes de la Maison des Baux.
Afin de financer son expédition, Barral vend des privilèges aux communes qui ne demandent que cela. En Comtat, il traite avec trois communes : Loriol, Bédoin et Caromb. Ces chartes accordées par Barral sont en fait des ventes déguisées. Barral a besoin d'argent et monnaie les privilèges accordés. Barral se réserve la juridiction, l albergue, les chevauchées et un droit sur les juifs.
Barral part en Italie (1265) :
Lorsqu il part en Italie pour le comte de Charles d Anjou, Barral emmène ses fils, Raymond, l'aîné qui doit avoir près de 25 ans, et Bertrand alors âgé de 21 ans, son neveu Guillaume de Pertuis et de nombreux cousins de la branche de Berre : il y a là Bertrand II des Baux avec ses deux fils Hugues de Montfort et Bertrand II, et aussi Bertrand II de Marignane. Ainsi la grande famille des Baux selance au complet dans l aventure sicilienne. Il ne manque guère que ceux d Orange.
Barral est nommé Podestat de Milan.
Le 29 juin 1265, Charles d'Anjou et son épouse Béatrice de Provence sont couronnés roi et reine de Sicile.
Ayant pris Naples, Charles d'Anjou se fait apporter le trésor de Manfred afin de régler le partage avec ses chevaliers. On apporte la balance afin de peser or et bijoux.
Bertrand des Baux, fils de Barral, est chargé de cet office. Il se contente de dire «" Qu'est-il besoin de balance? »". Il fait trois portions à peu près égales avec le pied et déclare «" Sire, l'une est pour votre Majesté, l'autre pour Madame la reine, et la troisième pour vos barons et chevaliers »". le roi Charles Ier apprécie le geste et lui donne un revenu de 400 écus d'or et douze châteaux dans les Abruzzes.
Barral devient Grand justicier du royaume de Naples , titre qu'il garde jusqu'à sa mort.
Par son testament, Barral a demandé à ses fils d être enterré à l abbaye de Sylvacane, au bord de la Durance, auprès de son père et de son grand-père.
L'abbaye de Sylvacane, une des trois abbayes cisterciennes de Provence, fut construite dans un site désolé et
marécageux. Elle doit son nom aux forêts de roseaux "silvacana". Les premières terres furent cédées par les Baux et d'autres familles seigneuriales de la région. Bertrand des Baux entreprit la construction de l'église en 1175 .
Sylvacane est le mausolée de la famille des Baux.
Sibylle, veuve de Barral , vivra jusqu'en 1279.
- Bertrand II des Baux , (1244-1305), second fils de Barral, comte d'Avellino, reprend les titres de son frère décédé, en particulier le titre de seigneur des Baux. Il est baron d'Aubagne et possède d autres fiefs en Venaissin, en particulier la seigneurie de Pertuis (Castrum de Pertusie) héritée pour moitié de son grand-père maternel Guillaume de Sabran, mort à Naples. L autre moitié de cette seigneurie lui est inféodée par l abbé de Montmajour en 1261. Il cède cette dernière seigneurie à Charles I er d'Anjou en 1266.
Il est la tige de la branche des comtes d'Avellino.
(*) Le podestat est un fonctionnaire étranger embauché par une commune qui veut en faire sa principale autorité municipale pendant une ou deux années ; ses nouveaux «" sujets »" lui versent de consistants émoluments. L élu arrive dans la cité qu il doit gouverner accompagné de son viguier ou lieutenant, de deux chevaliers et d un juge ; des syndics,juges et clavaires (trésoriers), choisis par le conseil des citoyens, servent d intermédiaires entre ces personnages et la commune. Les pouvoirs du podestat et de ses hommes demeurent toutefois très étendus. Cette institution est empruntée aux cités marchandes du nord de l Italie ; d ailleurs, la plupart du temps les représentants des cités provençales vont chercher leur podestat au-delà des monts : en février de 1222, le conseil de la ville du delta désigne ainsi quatre délégués «" pour qu ils parcourent l Italie et y choisissent un homme catholique, prudent et dévoué en tant que podestat d Arles »". Ses origines étrangères, son équipe propre, la brièveté de son mandat et l importance de son salaire témoignent du rôle d arbitre que ses nouveaux concitoyens veulent faire jouer à ce fonctionnaire itinérant ; c est un homme extérieur aux partis et aux clans locaux qu ils désirent pour chef.
http://www.goullet.fr/jp/page283.html
"La famille des Baux est l'une des plus célèbres famille provençale, qui défendit contre tous l'indépendance de sa Maison. C'est en profitant de la faiblesse des rois de Provence, aussi appelés rois d'Arles, qu'Hugues Ier (981 à 1059) obtint la reconnaissance papale pour le titre de seigneur des Baux qu'il s'était octroyé.
Les seigneurs des Baux n'accepteront jamais le fait que la Provence leur échappe au XIIème siècle pour passer sous le contrôle des comtes de Barcelone . Il s'allient alors aux ennemis naturels des Barcelone, les comtes de Toulouse , pour tenter de chasser les Barcelonais de Provence.
* Raymond Ier des Baux (1080-1150) participe,sous la bannière de Raymond de Saint Gilles (de Toulouse) à la première croisade et avec l'aide du fils de celui-ci, Alphonse Jourdain,il déclenche les guerres Baussenques contre les Aragonais pour la suprématie de la Provence.
*Son fils Hugues II (1115-1179) reprendra la lutte mais devra se soumettre après que Barcelone ait rasé les Baux.
*Son succésseur, Bertrand Ier (1137-1182) paiera de sa vie le changement de camp de la Maison des Baux, puisque c'est Raymond V de Toulouse qui le fera assassiner.
* Barral des Baux (1217-1272) est l'une des figures les plus éminentes de sa lignée : sénéchal de Raymond VII de Toulouse, il assiste à l'extinction des deux grandes familles du Sud : celle des Raymondins de Toulouse, et celle de Provence, et leur dévolution au profit des Capétiens. Barral se révolte contre l'ambitieux Charles Ier d'Anjou nouveau comte de Provence, mais il est assezintelligent pour comprendre les avantages qu'il aura en servant les ambitions démesurées du frère de Saint Louis. En effet, c'est en suivant Charles d'Anjou en Italie et en prenant part déjà à la conquête du royaume de Naples, que les seigneurs des Baux acquièrent le comté d'Avelino et de nombreuses charges honorifiques et lucratives auprès des rois et reines capétiennes de Naples.